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gue tardez-vous, Seigneur, A la répudier? 'Empire, votre cœur, tout condamne Octavie. *'o
Auguste, votre aïeul, soupiroit pour Livie : Par un double divorce ils s'unirent tous deux1; Et vous devez l'Empire à ce divorce heureux. Tibère, que l'hymen plaça dans sa famille,
\. « Exturbat Octaviam, »Urilem dtctitans. » <T^te,\ *^fti livre XI?; «bap. m.) — ïï'est seulement après la mort d'Agrippme que Néron répudia Octavie. # „ - ___ . . t . . -A
% Auguste, pour épouser Livie, répudia Sqribome, et Livie, de son côté, se sépara de Tibériu* Claudius Néron, dont elle avait déjà un fils (l'empereur Tibère), et dont eUe portait dans son sein un autre fils (Drusus Néron).
Osa bien à ses yeux répudier sa fille4. 480
Vous seul, jusaues ici contraire à vos désirs9, M'osez par un divorce assurer vos plaisirs.
NÉROn.
Et ne connois-tu pas l'implacable Agrippine?
Mon amour inquiet déjà se l'imagine
Qui m'amène Octavie, et d'un œil enflammé 485
Atteste les saints droits d'un nœud qu'elle a formé.
Et portant à mon cœur des atteintes plus rudes,
Me lait un long récit de mes ingratitudes.
De quel front soutenir ce fâcheux entretien?
ÏIARCISSE.
N'ôtes-vous pas, Seigneur, votre maître et le sien ? 490
Vous verrons-nous toujours trembler sous sa tutelle? Vivez, régnez'pour vous : c'est trop régner pour elle. Craignez-vous? Mais, Seigneur, vous ne la craignez pas : Vous venez de bannir le superbe Pallas, Pallas dont vous savez qu'elle soutient l'audace. 495
HÉRON
Éloigné de ses yeux, j'ordonne, je menace,
J'écoute vos- conseils, j'ose les approuver;
Je m'excite contre elle, et tâche à la braver.
Mais (je t'expose ici mon âme toute nue)
Sitôt que mon malheur me ramène à sa vue, 500
Soit que je n'ose encor démentir le pouvoir
De ces yeux où j'ai lu si longtemps mon devoir,
Soit qu à tant de bienfaits ma mémoire fidèle
Lui soumette en secret tout ce que je tiens d'elle,
Mais enfin mes efforts ne me servent de rien : 505
Mon Génie étonné tremble devant le sien *.
Et c'est pour m'affranchir de cette dépendance,
Que je la fuis partout, que môme je l'offense,
Et que de temps en temps j'irrite ses ennuis,
Afin qu'elle m'évite autant que je la fuis. 510
1. Tibère avait répudié Julie, fille d'Auguste et de Scribonfa
2. Prohibebor unuê facere quod cunctts licet t dit Néron dans la tragédie latine d'Qctavie, attribuée mal à propos à Sénéque (vers 574).
3. Plutarque rapporte qu'Antoine, perdant toujours au jeu contre Octave, consulta un devin d'Egypte, qui lui conseilla de s'éloigner le plus qu'il pourroit de ce jeune homme : « Car, lui dit-il, votre Génie redoute le sien; il est fier et hardi quand il est seul; mais, à l'approche de l'autre, il devient bas et timide. » ( Vie d'Antoine, ch. i xxiii.) — Shakspeare a traduit ce conseil dans sa tragédie d'Antoine et Cléopâtre (acte II, scène m), où il met sur la scène ce devin.