‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 311 sur 619 · NÉRON, BURRHUS · texte numérisé non relu

NÉRON, BURRHUS

BURRHUS

Pallas obéira, Seigneur.

NERON

Et de quel œil Ma mère a-t-eile vu confondre son orgueil

BURRHUS

Ne doutez point, Seigneur, que ce coup ne la frappe, Qu'en reproches bientôt sa douleur ne s'échappe, Ses transports dès longtemps commencent d'éclater ; 765 À d'inutiles cris puissent-ils s'arrêter 1

NERON

Quoi? de quelque dessein la croyez-vous capable?

BURRHUS

Agrippine, Seigneur, est toujours redoutable.

Rome et tous vos soldats révèrent ses aïeux * ;

Germanicus son père est présent à leurs yeux. 770

Elle sait son pouvoir ; vous savez son courage ;

Et ce qui me la fait redouter davantage,

C'est que vous appuyez vous-même son courroux

Et que vous lui donnez des armes contre vous.

HÉRON

Moi, Burrhus?

BURRHUS

Cet amour, Seigneur» qui vous possède... 775

NÉRON

Je vous entends, Burrhus : le mal est sans remède. Mon cœur s'en est plus dit que vous ne m'en direz. Il faut que j'aime enfin.

BURRHUS

Vous vous le figurez,

4. Voyez ci-après, p. 392 et 393, une scène première du troisième acte supprimée par Racine d'après le conseil de Boileau.

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