ACTE UI, SCÈNE II
Seigneur ; et satisfait de quelque résistance,
Vous redoutex un mal foible dans sa naissance. 780
Mais si dans son devoir votre cœur affermi *
Vouloit ne point s'entendre avec son ennemi ;
Si de vos premiers ans vous consultiez la gloire;
Si vous daigniez, Seigneur, rappeler la mémoire
Des vertus d'Octavie, indignes de ce prix, 785
Et de son chaste amour vainqueur de vos mépris ;
Surtout si, de Junie évitant la présence,
Vous condamniez vos yeux à quelques jours d'absence :
Croyez-moi, quelque amour gui semble vous charmer,
On n'aime point, Seigneur, si l'on ne veut aimer*. 790
NÉRON
Je vous croirai, Burrhus, lorsque dans les alarmes
Il faudra soutenir la gloire de nos armes,
Ou lorsque plus tranquille, assis dans le sénat»
Il faudra décider du destin de l'État :
Je m'en reposerai sur votre expérience. # 795
Mais, croyez-moi, l'amour est une autre science,
Burrhus ; et je ferois quelque difficulté
D'abaisser jusque-là votre sévérité.
Adieu. Je souffre trop, éloigné de Junie*