‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 355 sur 619 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

UPiÉté

Du séjour bienheureux de la Divinité

Je descends dans ce lieu, par la grâce habite4 *.

L'Innocence s'y plaît, ma compagne éternelle,

Et n'a point sous les cieux d'asile plus fidèle.

Ici, loin du tumulte, aux devoirs les plus saints . a

Tout un peuple naissant est formé par mes mains.

Je nourris dans son cœur la semence féconde

Des vertus dont il doit sanctifier le monde.

Un roi qui me protège, un roi victorieux

A commis à meô soins ce dépôt précieux. 10

C'est lui qui rassembla ces colombes timides,

Éparses en cent lieux, sans secours et sans guides.

Pour elles à sa porte* élevant ce palais,

Il leur y fit trouver ^abondance et la paix.

Grand Dieu, auti cet ouvrage ait place en ta mémoire. 15 Que tous les Sôiris qu'il prend pour soutenir ta gloire Soient gravés de ta main au livre où sont écrits Les noms prédestinés des rois que tu chéris. Tu m'écoutes. Ma voix ne t'est point étrangère Je suis la Piété, cette fille si chère,

Qui t'offre de ce foi les plus tendres soupirs. 20

Du feu de ton amour j'allume ses désirs. Du zèle qui pour toi l'enflamme et le dévore La chaleur se répand du couchant à l'aurore*.

1. « Tous les rôle» de cette pièce* dit Louis Racine dans ses Mémoire*, étoient distribués aux demoiselles de Saint-Cjr, lorsque la jeune Mlle de Caylus, qui atoit été élevée dans cette maison, et n'en étoit sortie que depuis peu de temps, témoigna

doit arriver dans la pièce est froidement annoncé. C'est utl cadre où Racine a su renfermer délicatement les plus magnifiques éloges du Roi, de Mme de Maintenon, et de là communauté de Saint-Cyr. »

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