‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 358 sur 619 · ESTHER, ÉLISE · texte numérisé non relu

ESTHER, ÉLISE

Est-ce toi, chère Elise? 0 jour trois fois heureux 1

Que béni soit le Ciel qui te rend à mes toux,

Toi qui de Benjamin comme moi descendue1,

Fus de mes premiers ans la compagne assidue,

Et qui, d'un même joug souffrant l'oppression, 5

M 'ai dois à soupirer les malheurs de Sion !

Combien ce temps encore est cher à ma mémoire I

Mais toi, de ton Esther ignorois-tu la eloire?

Depuis plus de six mois que je te fais chercher,

Quel climat, quel désert a donc pu te cacher ? 10

ExiSB.

Au bruit de votre mort justement éplorée, Du reste des humains je vivois séparée, Et de mes tristes jours n'attendois que la fin, Quand tout à coup, Madame, un prophète divin :

1. Il est dit dans les Additions au Livre <T Esther (chap. xi, Ter- , set 2), que Mardochée, oncle paternel d'Esther, était de la tribu de j Benjamin.

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