‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 364 sur 619 · E8THER · texte numérisé non relu

E8THER

Mes filles, chantez-nous quelqu'un de ces cantiques *

Où vos voix si souvent se mêlant à mes pleurs 130

De la triste Sion célèbrent les malheurs.

UNE ISRAÉLITE Seule chante.

Déplorable Sion, qu'as-tu fait de ta gloire ?

Tout l'univers admiroit ta splendeur :

Tu n'es plus que poussière; et de cette grandeur Il ne nous resté plus que la triste mémoire. 155

Sion, jusques au ciel élevée autrefois, a

Jusqu'aux enfers maintenant abaissée, Puissé-je demeurer sans voix,

Si dans mes chants ta douleur retracée Jusqu'au dernier soupir n'occupe ma pensée* 1 140

TOUT LE CBŒUB.

0 rives du Jourdain 1 ô champs aimés des Cieux 1 Sacrés monts, fertiles vallées, Par cent miracles signalées 1 Du doux pays de nos aïeux Serons-nous toujours exilées? 145

UNE ISRAÉLITE SCUle.

Quand verrai-je, 6 Sion ! relever tes remparts, Et de tes tours les magnifiques faites ? Quand verrai-je de toutes parts

1. « Dirigatur oratio. mea si eut. incensum in cemsneptu tuo. t (Psaume cxl, verset î.) — «Et ascendit fumus incensorum 4P orationibus sanctorum, de manu angeli, corara Deo. » (Apocalypse, chapitre vui, verset 4.)

2. tyapine met dans la bouche d'Esther les paroles qu'adressaient aux Juifs ceux qui les avaient conduits captifs à Babyione : « Et qui abduxerunt nos : « Hymnum cantate nobis 0e canticis t Sion. » (Psaume cxxivt, verset 5.)

3. « Adhacreat lingua mea faucibus meis, si non. merainero tui, si non proposuero Jérusalem in principio lsetitiae mea. » ^Psaume cxxxvi, verset 3.)

Tes peuples en chantant accourir à tes fêtes?

TOUT LE CHŒUR

0 rives du Jourdain 1 ô champs aimés des Gieux I 150

Sacrés monts, fertiles vallées, Par cent miracles signalées 1 Du doux pays de nos aïeux Seront-nous toujours exilées?

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