J.-B. Rousseau a copié ce dernier vers
Et les larmes de l'innocence Sont précieuses devant lui.
(Livre 1, ode vi.)
Demander la moitié de ce puissant empire1. 1025
Je ne m'égare point dans ces vastes désirs. Mais puisqu'il faut enfin expliquer mes soupirs, Puisque mon roi lui-même à parler me convie, (Elle se jette aux pieds du Roi.) J'ose vous implorer, et pour ma propre vie, Et pour les tristes jours d'un peuple infortuné, 1030
Qu^i périr avec moi vous avez condamné *.
assdérds, la relevant.
A périr? Vous? Quel peuple ? Et quel est ce mystère»?
aman tout bas.
Je tremble.
Esther, Seigneur, eut un Juif pour son père. De vos ordres sanglants vous savez la rigueur.
AMAN
Ah! Dieux 1
AflSUÉRUS.
Ahl de quel coup me percez-vous le cœur? 1035 Vous la fille d'un Juif? Hé quoi? tout ce que j'aime, Cette Esther, l'innocence et la sagesse même, Que je croyois du ciel les plus chères amours, Dans cette source impure auroit puisé ses jours? Malheureux 1
Vous pourrez rejeter ma prière. 1040
Mais je demande au moins que, pour grâce dernière, Jusqu'à la fin, Seigneur, vous m'entendiez parler, Et que surtout Aman n'ose point me troubler.
AS8UÉRU8.
Parlez.
O Dieu, confonds l'audace et l'imposture. Ces Juifs, dont vous voulez délivrer la nature, 104;
Que vous croyez, Seigneur, le rebut des humains, D'une riche contrée autrefois souverains,