SCÈNE III CH1MÈNE, KLV1RE
CHIMÈNE
Enfin je me vois libre, et je puis sans contrainte
De mes vives douleurs te faire voir l'atteinte;
Je puis donner passage à mes tristes soupirs ; 795
Je puis t'ouvrir mon âme et tous mes déplaisirs.
Von père est mort, El vire, et la première épée Dont s'est armé Rodrigue a sa trame coupée. Pleurez, pleurez, mes yeux, et fondez-vous en eau I La moitié de ma vie a mis l'autre au tombeau, 8U6
Et m'oblige à venger, après ce coup funeste, Celle que je n'ai plus sur celle qui me reste.
ELVIBE.
Reposez-vous, Madame.
CHIMÈNE
Ah 1 que mal à propos Dans un malheur si grand tu parles de repos ' t Par où sera jamais ma douleur apaisée *, 805
Si je ne puis haïr la main qui l'a causée? Et que dois-je espérer qu'un tourment éternel, Si je poursuis un crime, aimant le criminel?
ELVIRB.
Il vous prive d'un père, et vous l'aimez encore 1
CHIXÈNE.
C'est peu de dire aimer, Elvire : je l'adore; 810
Ma passion s'oppose à mon ressentiment ;