ACTE I, SCÈNE II. 4Î
Jusque sur notre autel votre injuste marâtre1
Veut offrir à Baal un encens idolâtre.
Montrons ce jeune roi que vos mains ont sauvé,
Sous l'aile du Seigneur dans le temple élevé.
De nos princes hébreux il aura le courage, 175
Et déjà son esprit a devancé son âge.
Avant que son destin s'explique par ma voix,
Je vais l'offrir au Dieu par qui régnent les rois*
Aussitôt assemblant nos Lévites, nos prêtres,
Je leur déclarerai l'héritier de leurs maîtres. 180
josabet.
Sait-il déjà son nom et son noble destin9
JOAD
Il ne répond encor qu'au nom d'Éliacin *, Et se croit quelque enfant rejeté par sa mère, Â qui j'ai par pitié daigné servir de père.
JOSABET.
Hélas! de quel péril je l'avois su tirer ! 185
Dans quel péril encore est-il prêt de rentrer*!
JOAD
Quoi? déjà votre foi s'affoiblit et s'étonne ?
JOSABET.
A vos sages conseils, Seigneur, je m'abandonne.
Du jour où j'arrachai cet enfant à la mort,
Je remis en vos mains tout le soin de son sort. 190
Même, de mon amour craignant la violence,
Autant que je le puis j'évite sa présence,
De peur qu'en le voyant, quelque trouble indiscret
Ne fasse avec mes pleurs échapper mon secret.
Surtout j'ai cru devoir aux larmes, aux prières 105
Consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières8.
Cependant aujourd'hui puis-je vous demander
Quels amis vous avez prêts à vous seconder?
Abner, le brave Abner viendra-t-il nous défendre?
A-t-il près de son roi fait serment de se rendre t 200