SCÈNE VIII
Dm Lévite, JOAS, JOAD, etc.
un LÉVITE.
Le fer a de sa vie expié les horreurs.
Jérusalem, longtemps en proie à ses fureurs, 1810
De son joug odieux à la fin soulagée,
Avec joie en son sang la regarde plongée.
JOAD
Par cette fin terrible, et due à ses forfaits,
Apprenez, roi des Juifs, et n'oubliez jamais
Que les rois dans le ciel ont un juge sévère, 1815
L'innocence un vengeur, et l'orphelin un père *.
1. « On peut remarquer, dit M. Mesnard, sinon comme une preuve certaine d'imitation, au moins comme un rapprochement singulier, que ces quatre vers qui résument si bien tout l'esprit de la pièce, et en tirent une grande leçon, r^pnnHent assez aux sentences reli-
538 ATHALIE
pieuses par lesquelles se termine aussi la tragédie d'Ion, Cest le Chœur qui parle ainsi :
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« 0 Apollon, fils de Jupiter et de Latone, adieu : celui dont la
• maison est livrée aux orages du malheur, doit prendre confiance,
• s'il observe la piété envers les Dieux ; car à la fin les bons ob- « tiennent les grâces qu'ils ont méritée* et Jamais les méchants, telle « est leur nature, ne sauraient être heureux. *
« Voltaire, qui a fait aux vers à'Aihqlie plusieurs emprunts peu déguisés, que nous n'avons pas cru utile de signnler tous, finit par cette imitation de Racine la tragédie de Sémiramis :
Par ce terrible exemple, apprenez tous en moine Que les crimes secrets ont les dieux pour témoins i Plus le coupable est grand, plus grand est U supplice, ■oit, trenHIt i sur le trdflf, et craignei leur jastiee. •
FIN DU CINQUIÈME Et DEJWJEIt ACTE.
MÉftOPE
TRAGÉDIE ÛE VOLTAIRE
REPRÉSENTÉE A PARIS POUR LA PftEttKRK FOfiS, tE 20 ÈÉVRlÈR 1743, ET PUBLIÉE EU 17U
Mérope... passera jusqu'à la postérité comme une de nos tragédies les plus parfaites, comme un modèle de tragédie. Arislote. . . a rais ce sujet au premier rang des sujets tragiques... M. de Voltaire a conservé la simplicité du sujet : il l'a débarrassé non-seulement d'épisodes superflus, mais encore de scènes inutiles... L'intérêt croit de scène en scène jusqu'au dénouement, dont la surprise est ménagée, préparée avec beaucoup d'art. . . Je ne parle point de la versification : le poète, admirable versificateur, s'est surpassé; jamais sa versification ne fut plus belle et plus claire.
Le P. Toornemi.xe, Lettre au P. Brumoy.
Les juges de l'art... s'accordent à regarder Mérope comme l'ouvrage le plus fini qui soit sorti des mains de Yoltaire.
Lahakpk, Cours de littérature.
A M. LE MARQUIS SCIPION MAFFEf