SCÈNE VI
MÉROPE, EURYOÈS, 1SMÉNIE» ÉROX, cardks dk poltphontk
ÉBOI.
Madame» par ma voix, permettez que mon maître»
Trop dédaigné de tous, trop méconnu peut-être,
Dans ces cruels moments vous offre son secours.
Il a su que d'Égisthe on a tranché les jours; 560
Et cette part qu'il prend aux malheurs de la Reine
MÉHOPE.
11 y prend part, Érox, et je le crois sans peine; Il en jouit du moins» et les destins l'ont mis Au trône de Cresphonte, au trône de mon fils.
ÉROX.
Il vous offre ce trône; agréez qu'il partage 565
De ce fils, qui n'est plus, le sanglant héritage»
Et que, dans vos malheurs» il mette à vos genoux
Un front que la couronne a fait digne de vous.
Mais il faut dans mes mains remettre le coupable :
Le droit de le punir est un droit respectable ; 570
C'est le devoir des rois : le glaive de Thémis,
Ce grand soutien du trône, a lui seul est commis ;
A vous, comme à son peuple» il veut rendre justice.
Le sang des assassins est le vrai sacrifice
Qui doit de votre hymen ensanglanter l'autel. 575
MÉROPE
Non : je veux que ma main porte le coup mortel.
Si Polyphonte est roi» je veux que sa puissance
Laisse à mon désespoir le soin de ma vengeance.
Qu'il règne, qu'il possède et mes biens et mon rang;
Tout l'bonneur que je veux» c'est de venger mon sang. 580
Ma main est à ce prix ; allez, qu'il s'y prépare :
Je la retirerai du sein de ce barbare,
Pour la porter ramante aux autels de nos Dieux.
ÉROX.
Le roi» n'en doutez point, va remplir tous vos vœux. Croyez ou'à vos regrets son cœur sera sensible. 585