SCÈNE, YII
MÉROPE, EURYCLÈS, ISMÉNIE
MEROPE.
Non, ne m'en croyez point; non, cet hymen horrible, Cet hymen que je crains ne s'accomplira pas. Au sein du meurtrier j'enfoncerai mon bras; Mais ce bras à l'instant m'arrachera la vie.
EURYCLÈS.
Madame, au nom des Dieux. . . .
MÉROPE
Us m'ont trop poursuivie. 500 Irai-je à leurs autels, objet de leur courroux, Quand ils m'ôtent un fils, demander un époux, Joindre un sceptre étranger au sceptre de mes pères1, Et les flambeaux d'hymen aux flambeaux funéraires? Moi, vivre I moi, lever mes regards éperdus 595
Vers ce Ciel outragé que mon fils ne voit plus 1 Sous un maître odieux dévorant ma tristesse, Attendre dans les pleurs une affreuse vieillesse 1 Quand on a tout perdu, quand on n'a plus d'espoir, La vie est un opprobre, et la mort un devoir. 600
1. Ici encore l'auteur ne se pique point d'exactitude. Gomment Mérope. qui ne régnait point en Arcadie comme son père, mais â Messene, joindrait-elle, en épousant Polyphonie, un sceptre étranger au sceptre de ses pères?