ACTE IV, SCÈNE II
Vous vovez avec moi ses aïeux à genoux, Votre roi dans les fera.
ÉGI8THE.
0 Reine! levez-vous, 1000
Et daignez me prouver que Cresphonte est mon père, En cessant d'avilir et sa veuve et ma mère. Je sais peu de mes droits quelle est la dignité ; Mais le Ciel m'a fait naître avec trop de fierté, Avec un cœur trop haut pour qu'un tyran rabaisse. 1005 De mon premier état j'ai bravé la bassesse, Et mes yeux du présent ne sont point éblouis. Je me sens né des rois, je me sens votre fils1. Hercule ainsi que moi commença sa carrière ; 11 sentit l'infortune en ouvrant la paupière; 1010
Et les Dieux l'ont conduit à l'immortalité. Pour avoir, comme moi, vaincu l'adversité. S'il m'a transmis son sang, j'en aurai le courage. Mourir digne de vous, voilà mon héritage. Cessez de le prier, cessez de démentir 1015
Le sang des demi-dieux dont on me fait sortir.
polyphonte, à Mérope.
Eh bien, il faut ici nous expliquer sans feinte. Je prends part aux douleurs dont vous êtes atteinte. Son courage me plaît ; je l'estime, et je crois Qu'il mérite en effet d'être du sang des rois. 1020
Mais une vérité d'une telle importance N'est pas de ces secrets qu'on croit sans évidence. Je le prends sous ma garde, il m'est déjà remis ; Et, s'il est né de vous, je l'adopte pour fils
toSTHK.
Vous? m'adopter?
MEftOPE.
Hélas 1
POLYPHONTE
Réglez sa destinée. 1025
Vous achetiez sa mort avec mon hyménée. La vengeance à ce point a pu vous captiver; L'amour fera-t-il moins quand il faut le sauver?
MÉROPE
Quoi? barbare I
1. Vas. Et sans être ébloui du rang où je me voi, Devenu votre fils, j'ose penser en roi.
Les éditeurs de Kehl donnent cette variante comme tirée des premières éditions; mais M. Beucnot dit ne l'avoir trouvée dans aucun imprimé.
588 MÉROPE
POLTPHORTB.
Madame, il y va de sa vie.
Votre âme en sa faveur parait trop attendrie 1030
Pour vouloir exposera mes justes rigueurs, Par d'imprudents refus, l'objet de tant de pleurs.
MÉROPE
Seigneur, que de son sort il soit du moins le maître... Daigna 4*
POLTPHORTB.
C'est votre fils, Madame, ou c'est un traître. Je dois m'unir à vous pour lui servir d'appui ; 1035
Ou je dois me venger et de vous et de lui. C'est à vous d'ordonner sa grâce ou son supplice : Vous êtes, en un mot, sa mère, ou sa complice. Choisissez; mais sachez qu'au sortir de ces lieux Je ne vous en croirai qu'en présence des Dieux. 1040
Vous, soldats, qu'on le garde ; et vous, que l'on me suive.
A Mérope :
Je vous attends ; voyez si vous voulez qu'il vive ; Déterminez d'un mot mon esprit incertain, Confirmez sa naissance en me donnant la main. Votre seule réponse ou le sauve ou l'opprime. 1045
Voilà mon fils, Madame, ou voilà ma victime. Adieu.
MÉROPE
Me nïôtez pas la douceur de le voir ; Rendez-le à mon amour, à mon vain désespoir.
POLTPHOMTB.
Vous le verrez au temple.
égisthb, que les soldats emmènent.
0 reine auguste et chère I O vous quu j'ose à peine encor nommer ma mère! 1050 Ne faites rien d'indigne et de vous et de moi. Si je suis votre fils, je sais mourir en roi.