ACtE V, SCÈNE 1Y
Je respecte mon sang ; je vois le sang- d'Alcide. 1225
Ah ! parle : remplis-moi de ce dieu qui te guide. Il te presse, il t'inspire. 0 mon fils I mon cher fils 1 Achève, et rends la force à mes faibles esprits.
Auriez-vous des amis dans ce temple funeste?
MÉROPE
J'en eus quand j'étais reine, et le peu qui m'en reste 1230 Sous un joug étranger baisse un front abattu; Le poids de mes malheurs accable leur vertu. Polyphonte est haï ; mais c'est lui qu'on couronne : On m'aime et Ton me fuit.
Quoi? tout vous abandonne?
Ce monstre est à l'autel?
MÉROPE
H m'attend.
Ses soldats 1235
A cet autel horrible accompagnent ses pas?
MÉROPE
Mon : la porte est livrée à leur troupe cruelle ;
Il est environné de la foule infidèle
Des mêmes courtisans que j'ai vus autrefois
S'empresser à ma suite, et ramper sous mes lois. 1240
Et moi, de tous les siens à l'autel entourée,
De ces lieux à toi seul je puis ouvrir l'entrée.
Seul, je vous y suivrai ; j'y trouverai des Dieux Qui punissent le meurtre, et qui sont mes aïeux.
MÉEOPK.
Ils t'ont trahi quinze ans.
Us m'éprouvaient, sans doute. 1245
MÉROPE
Eh ! quel est ton dessein f
Marchons, quoi qu'il en coûte.
Adieu, tristes amis; vous connaîtrez au moins Que le fils de Mérope a mérité vos soins.
A Narbas, en Vembra&ant :
Tu ne rougiras point, crois-moi, de ton ouvrage; Au sang qui m'a formé tu rendras témoignage. 1260
596 MÉROPE