‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 550 sur 619 · ACTE V. SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE V. SCÈNE VI

D'un bout du temple à l'autre est vingt fois repoussée.

De ces flots confondus le flux impétueux. 1335

Roule, et dérobe Égisthe et la Reine à mes yeux.

Parmi les combattants je vole ensanglantée ;

J'interroge à grands cris la foule épouvantée.

Tout ce qu'on me répond redouble mon horreur.

On s'écrie : c 11 e*t mort, il tombe, il est vainqueur. • 1340

Je cours, je me consume, et le peuple m'entraîne,

Me jette en ce palais» éplorée, incertaine,

Au milieu des mourants, des morts, et des débris,

Venez, suives mes pas, joignez-vous à mes cris :

Venez. J'ignore encor si la Reine est sauvée, 1345

Si de son digne fils la fie est conservée,

Si le tyran n'est plus. Le trouble, la terreur,

Tout ce désordre horrible est encor dans mon .cœur *.

KARBA8.

Arbitre des humains, divine Providence,

Achève ton ouvrage, et soutiens l'innocence 1350

A nos malheurs passés mesure tes bienfaits ;

0 Ciel! conserve Égisthe, et que je meure en paixl

Ah I parmi ces soldats ne vois-je point la Heine?

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