‹ Théâtre classique, contenant le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, de P. Corneille; Britannicus, Esther, Athalie, de J. Racine; Mérope, de Voltaire; le Misanthrope, de MolièreChapitre 585 sur 619 · ACTE III, SCENE · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE

Je crois qu'avec cela, mon cher Marquis, je croi

Qu'on peut, par tout pays, être content de soi. 770

GUTAHDRB.

Oui. Mais, trouvant ailleurs des conquêtes faciles, Pourquoi pousser ici des soupirs inutiles ?

▲CASTE

Moi? Parbleu 1 je ne suis de taille ni d'humeur

A pouvoir d'une belle essuyer la froideur.

C'est aux gens mal tournés, aux mérites vulgaires, 775

A brûler constamment pour des beautés sévères,

A languir à leurs pieds et souffrir leurs rigueurs,

A chercher le secours des soupirs et des pleurs,

Et tâcher, par des soins d'une très-longue suite,

D'obtenir ce qu'on nie à leur peu de mérite. 780

Mais les gens de mon air, Marquis, ne sont pas faits

Pour aimer à crédit, et faire tous les frais.

Quelque rare que soit le mérite des belles,

Je pense, Dieu merci, qu'on vaut son prix comme elles ;

Que, pour se faire honneur d'un cœur comme le mien, 785

Ce n'est pas la raison qu'il ne leur coûte rien ;

Et qu'au moins, à tout mettre en de justes balances.

Il faut qu'à frais communs se fassent les avances.

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