LE G1D
J'allois de tous côtés encourager les nôtres, 1505
Faire avancer les uns, et soutenir les autres,
Ranger ceux qui venoient, les pousser à leur tour, .
Et ne l'ai pu savoir jusques au point du jour l.
Mais enfin sa clarté montre notre avantage :
Le More voit sa perte, et perd soudain courage; 1510
Et voyant un renfort qui nous vient secourir,
L'ardeur de vaincre cède à la peur de mourir.
Ils gagnent leurs vaisseaux, ils en coupent les câbles *,
Poussent jusques aux cieux des cris épouvantables 3,
Font retraite en tumulte, et sans considérer 1515
Si leurs rois avec eux peuvent se retirer4.
Pour souffrir ce devoir leur frayeur est trop forte 5 :
Le flux les apporta; le reflux les remporte6,
Cependant que leurs rois, engagés parmi nous.
Et quelque peu des leurs, tous percés de nos coups, 1520
Disputent vaillamment et vendent bien leur vie.
A se rendre moi-même en vain je les convie :
Le cimeterre au poing ils ne rn'écoutent pas ;
Mais voyant à leurs pieds tomber tous leurs soldats,
Et que seuls désormais en vain ils se défendent, 132n
Ils demandent le chef : je me nomme, ils se rendent.
Je vous les envoyai tous deux en métne temps;
Et le combat cassa faute de combattants.
C'est de cette façon que, pour votre service...