SCÈNE I LE COMTE, ELVffiE
EL VIRE
Entre tous ces amants dont la jeune ferveur
Adore votre fille, et brigue ma faveur,
Don Rodrigue et don Sanche, à l'envi, font parottre
Le beau feu qu'en leurs cœurs ses beautés ont fait naître.
Ce n'est pas que Chiméne écoute leurs soupirs,
Ou d'un regard propice anime leurs désirs.
Au contraire, pour tous dedans l'indifférence,
Elle n'ôte à pas un, ni donne d'espérance ;
Et sans les voir d'un œil trop sévère ou trop deux,
C'est de votre seul choix qu'elle attend un époux.
L* COMTB.
[Elle est dans le devoir ; tons deux sont dignes d'elle.]
La suite comme dan» notre texte, depuis le vers 25 jusqu'au ver§ 38.
[Et ma fille, en un mot, peut l'aimer et me plaire.]
Va l'en entretenir ; mais, dans cet entretien,
Cache mon sentiment, et découvre le sien.
Je veux qu'à mon retour nous en parlions ensemble ;
L'heure à présent m'appelle au conseil qui s'assemble.
Le Roi doit à son fils choisir un gouverneur, ~
Ou plutôt m'élever a ce haut rang d'honneur :
Ce que pour lui mon bras chaque jour exécute
Me défend de penser qu'aucun me le dispute.