FRANCINE, HENRI
Elle pense à vous, ma parole! Une fille de vingt ans qui aime un homme de quarante-deux!
HENRI
Vous rêvez.
Je ne rêve pas. Les hommes sont lâches, mais les femmes sont bêtes. Faites donc un monde qui marche avec ca. Puisque vous avez causé seul avec Annette pendant dix minutes seulement, vous savez bien à quoi vous en tenir. Quand l’épousez-vous ?
HENRI
Je ne pense pas à épouser mademoiselle de Rive-
rolles. Vous êtes bien agitée depuis hier.
Mais non, mais non. Et pourquoi le serais-je d’ailleurs ?
HENRI
Voyons, dites-moi ce que vous avez. Vous m'inquiétez, je vous assure. Je suis venu exprès de bonne heure aujourd'hui pour le savoir.
Bon apôtre. Alors vous ne vous doutez pas de ce qui m'agite, pour me servir du même terme que vous ? HENRI.
Non.
Et cependant vous êtes mon ami.
HENRI
Bien sincère.
Seulement, vous êtes encore plus l’ami de M. de Riverolles.
HENRI
Comment ça ?
Vous ne trahissez pas ses secrets.
HENRI
Il ne m'en a pas confié.
Et vous n’en avez pas surpris ?
HENRI
Non.
FRANCINE., “Il ne vous a pas dit qu’il a une maîtresse?
HENRI
Jamais.
Et vous ne vous en êtes pas apercu ?
HENRI
Pas davantage.
Dites-moi tout de suite que vous êtes un niais.… HENRI.
Si c’est votre idée, vous n’avez pas besoin que je vous le dise pour le croire.
Eh bien, sachez donc que mon mari a une maitresse. Il ne l’a pas prise depuis que je suis sa femme, non, ilne m'a pas même fait l'honneur d'une nouveauté, il est