ACTE TROISIÈME. 315 THÉRÈSE
Son père, tes amis, moi en tête, t’'avons déclarée incapable d’une pareille infamie!
Infamie, quard +’est nous ; bagatelle, quand c’est eux. THÉRÈSE.
Je me rappelais ce que tu me disais ici, à cette même place, hier.
Dans ce temps-là ! comme dit mon mari! Mais tu devais te rappeler aussi que je te disais que si jamais j'étais sûre de son infidélité, je trouverais le moyen de n’être pas longtemps au partage. Eh bien, j'ai trouvé le moyen et je m'en suis servie.
THÉRÈSE
Je viens de causer avec M. de Riverolles; je lai décidé à avoir une explication avec toi.
Celle que nous avons eue ne lui suffit pas. Elle était pourtant claire.
THÉRÈSE
Tu refuses?
Je refuse. Je n’ai plus rien à lui dire.
THÉRÈSE
Alors, le cas étant prévu, il me charge de te faire connaître ses résolutions.
Tu m'effraies.
THÉRÈSE
Oh! je t'en prie, ne plaisante pas; tu n’en as pas plus
envie que moi. La pudeur, la dignité, le respect de soimême, l’estime dès honnêtes gens, des enfants, ne sont pas choses avec lesquelles on plaisante. J'ai obtenu enfin de M. de Riverolles qu’une simple dénégation de ta part aux affirmations de ce matin lui suffirait. Si tu lui jures seulement que tu ne lui as raconté cette histoire que pour te venger un moment de ce qu'il t’'avait fait et l’alarmer, il est prêt à te tendre la main.
Quelle bonté! I1 me pardonnera ses torts, si moi je n’en ai pas eu; il m'a crue quand je me suis déclarée coupable, il me croira aussi bien quand je me déclarerai innocente! Ce sont des habitudes qu’il a été forcé de prendre avec mes devancières.
THÉRÈSE
Ta réponse?
Je refuse! Voyons ses résolutions maintenant ? THÉRÈSE.
Il y aura séparation.
Séparation à l’amiable ou judiciaire ?
THÉRÈSE
Il te laisse le choix.
Judiciaire, c’est plus net.
THÉRÈSE
Soit! mais, en tout cas, il n’accusera que lui; il mettra tous les torts de son côté!
Pourquoi? |