THÉATRE DU GYMNASE-DRAMATIQUE
. Drame en 5 actes.
Paris, le 14 novembre 1853.
Sur les conclusions d’un rapport en date du 10 janvier dernier, M. le Ministre n’a point autorisé la représentation de Diane de Lys. L'auteur, ayant remanié son œuvre, a demandé un nouvel examen. Les modifications ont été capitales, elles ont porté sur les principales situations qui nous avaient paru rendre sa pièce inadmissible.
La comtesse (c’est le même personnage que la marquise de la première version, c’est-à-dire Diane de Lys), n’est plus présentée comme le type des grandes dames, mais au contraire comme une exception qui n’entraîne (ni comparaison, ni solidarité avec les femmes du monde cela ressort de l’ensemble du caractère de Diane et est particulièrement établi dans la scène III du premieracte); de plus, elle n’a pas d'enfant et l’auteur à supprimé tous les passages où elle semblait, par des théories générales, vouloir justifier sa passion adultère.
Ce personnage est devenu une sorte de Phèdre pour laquelle l'ennui, le délaissement et le désir de l'inconnu
ont remplacé la fatalité autique; elle poursuit un but qu’elle n’atteint jamais, et, en définitive, elle est cruellement punie d’avoir méconnu les lois de la morale et même les convenances de la société où elle vit.
Sans nous faire illusion sur lesinconvénients qui peuventrésulter d’une pareille création, nous pensons quedes précédents et leslibertés du théâtre la rendent admissible.
Les personnages qui l’entourent ont d’ailleurs subi des modifications qui atténuent la première version.
Le rôle de Paul est tout à fait dominé par celui du comte de Lys. Le mari donne de cruelles leçons au séducteur, et au dénouement il le tue.
Marceline, l’honnête femme, amie de Diane, reste à l'égard de celle-ci dans les termes d’une amitié qui ne transige plus avec les sévérités du devoir.
La marquise (c'était la baronne dans le premier manuscrit), a cessé d’être odieuse pour n'être plus que ridicule.
Le rôle de Maximilien a été affaibli dans ses parties les plus excentriques.
Le duc d’Edolly (maintenant duc de Riva), restreint les complaisances de son amitié envers Paul et Diane à des services avouables.
Enfin, de nombreuses modifications de détail, soit dans les situations, soit dans le dialogue, ont mis leton général de l’ouvrage en harmonie avec les changements que nous venons de signaler.
Tel qu’il est aujourd’hui, ce drame ne nous semble pas dépasser les bornes de ce qui est admis sur la scène,
En conséquence nous proposons que la représentation en soit autorisée. :
Ont signé :