SCÈNE PREMIÈRE
RICHARD, LE DOoMESTIQUE, puis JEAN et LIONNETTE.
LE DOMESTIQUE, à Richard qui attend, assis près d'une table en
feuilletant des papiers.
Monsieur le comte me suit.
Jean entre, le domestique sort.
JEAN
Je suis tout à vous, maître Richard, mais je regrette que vous vous Soyez dérangé.
“# : RICHARD
D'abord, je demeure à deux pas d'ici, et tous les soirs,
après mon diner, je fais une petite promenade. Seulement, je suis en redingote et vous avez du monde. JEAN.
Des hommes seulement, des amis du cercle. Lionnette } est avec eux dans la serre. Je vous écoute.
RICHARD
Prenez votre courage à deux mains.
Nous sommes ruinés?
K RICHARD
Oui.
JEAN
Pauvre Lionnette !
RICHARD
Hélas! c’est un peu sa faute.
JEAN
C’est la faute de sa mère qui l’a élevée dans le luxe et dans le désordre. C’est ma faute à moi, qui n'étais pas aussi riche qu'amoureux, qui non seulement ne savais rien lui refuser, mais qui ne lui laissais même pas le
temps de désirer quelque chose, qui lui disais d’acheter tout ce qu'elle voulait.
RICHARD
Et qui lui avez donné par procuration — grave imprudence — le droit d'acquérir, de vendre, de disposer de son bien, et par conséquent du vôtre, comme bon lui semblerait. — Vous devez un million cent sept mille cent vingt-sept francs cinquante-deux centimes. Quand je dis : vous devez, c’est une facon de parler : votre femme doit. — Là-dessus, il n’y a que trente-huit mille francs de dettes qui vous soient personnelles, et dont, personnel-