‹ Théatre complet (volume 2)Chapitre 42 sur 208 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

NOURVADY.

Votre mari est dans cette maison?

LIONNETTE

Oui.

NOURVADY.

Vous l'avez vu?

LIONNETTE

Non...

NOURVADY.

C’est pourtant pour vous voir qu’il y est venu.

LIONNETTE

Pas plus que je n’y suis venue pour le rencontrer. Nous habitions iei; nous partons tous les deux, chacun de notre côté ; nous venons chercher ce qui nous appartient. IL est évident, que lui et moi, nous aimerions mieux, en ce moment, être autre part. Cest vous qui ne devriez pas être ici; mais, depuis ce matin, c’est curieux, nous sommes tous où nous ne devrions pas être. (A la femme de chambre qui rentre.) C’est bien, mettez ça là!

La femme de chambre dépose un chapeau, des gants, un manteau de

voyage et sort.

NOURVADY.

Je suis retourné à votre hôtel, espérant vous y retrouver. Vous étiez partie; j’ai supposé que vous étiez ici. Ce domestique qui m’a annoncé et qui ignore évidemment ce qui s’est passé...

LIONNETTE

Personne n’en sait encore rien, sauf les intéressés. NOURVADY.

Ce domestique m’a demandé s’il fallait m’annoncer à monsieur ou à madame. C’est comme cela que j'ai su que votre mari était ici en même temps que vous: J'ai

été au moment de dire à cet homme : Annoncez-moi à monsieur.

LIONNETTE

Qu'est-ce que vous pouviez avoir à lui dire maintenant? . NOURVADY.

Ilest venu vous chercher chez moi ; je viens vous chercher chezlui. Vous êtes une femme, vous ne comprenez pas certaines injures.

LIONNETTE

Croyez-vous ?

NOURVADY.

Cet homme a forcé ma porte; il l’a brisée même, Il vous à insultée devant moi, moi qui vous aime.

LIONNETTE

Il faut dire qu’il m'aime aussi, c’est son excuse.

NOURVADY.

Vous prenez sa défense.

LIONNETTE, tout en mettant son chapeau, son manteau et ses gants.

Ab! Dieu, non! Eh bien, qu'est-ce que vous lui auriez dit si vous vous étiez fait annoncer chez lui, dans le cas où il vous aurait reçu ; mais je doute qu’il vous eût reçu après ce qui s’est passé.

NOURVADY.

S'il avait refusé de me recevoir, j'aurais enfoncé sa porte à mon tour, et...

LIONNETTE

Ah! je vous défends bien de le provoquer maintenant. Si j'étais veuve par vous... ou s'il vous tuait, vous ne pourriez pas m’épouser.. et si, un jour, nous pouvions légitimer la situation fausse que nous allons avoir, j'en

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