ACTE TROISIÈME
serais si heureuse ! Remettons-nous-en à la Providence comme disait ma mère. Là-dessus je suis prête... par-
tons !..…
Au moment où elle se retourne pour sortir, Raoul entre, se jette dans ses
jambes pour l'embrasser.
RAOUL
Maman !
LIONNETTE, surprise et troublée.
Ah! c’est toi! tu m'as fait peur!
RAOUL
Embrasse-moi.
LIONNETTE, l’embrassant froidement.
Tu penses donc à m’embrasser aujourd’hui! (Avec soupir.) C’est un peu tard.
RAOUL
Où vas-tu ?
LIONNETTE
Je sors.
RAOUL
Quand reviendras-tu ?
LIONNETTE
Je ne sais pas.
RAOUL
Aujourd’hui ?
LIONNETTE
Aujourd’hui.
RAOUL
Emmène-moi. C’est impossible.
RAOUL
Pourquoi? Il fait si beau!
ur
\ fe" LIONNETTE.
Je vais trop loin. Je t’enverrai des joujoux, sois tranquille. - RAOUL.
Jaime mieux aller avec toi.
LIONNETTE
Impossible, te dis-je. Allons, laisse-moi passer. RAOUL.
Non.
LIONNETTE
Il le faut, mon enfant.
NOURVADY, très agité, très impatienté pendant cette scène, et qui a
marché à droite et à gauche, pour voir si quelqu'un venait. Voilà quelqu'un.
LIONNETTE, un peu plus dure.
Voyons, laisse-moi.
RAOUL
Non.
II se plante devant sa mère.
NOURVADY, prenant l'enfant par le bras et le jetant loin de lui.
Mais laisse-nous donc!
L'enfant tourne sur lui-même et tombe. Lionnette s'arrête, regarde avec stupeur ce qui s'est passé, recule, prend sa tête dans ses mains, pousse un cri déchirant et se jette sur Nourvady, qu'elle saisit à la gorge, comme pour l'étrangler.
LIONNETTE
Misérable ! misérable!
NOURVADY, qu'elle a frappé à l'épaule, qui se sent défaillir et qui ne
veut pas se défendre, d'une voie affaiblie.
Vous me faites mal.