ACTE PREMIER
MARTHE
Oui, madame, pour quelques jours.
PONTFERRAND. l
La belle Zézette, comme nous l’appelions, il ya encore dix ans.
MADAME DE PONTFERRAND.
Vous l’avez connue à cette époque-là?
PONTFERRAND.
Comme tout Paris, car à cette époque-là j’habitais
Paris.
Il soupire.
Vous y allez encore assez souvent.
PONTFERRAND.
Tous les deux mois, à peu près, et avec des billets d’aller et retour, ce n’est pas la peine d’en parler. MADAME DE PONTFERRAND.
N’est-elle pas veuve, cette belle madame de Thauzette ?
ANDRÉ, Oui, madame.
MADAME DE PONTFERRAND.
Son mari était à la tête d’une Société financière; il a laissé des affaires en assez mauvais état.
PONTFERRAND.
Après sa morl, on a lavé la situation.
MADAME DE PONTFERRAND.
Eh bien, l’eau doit être propre. N’a-t-elle pas un fils?
- ANDRÉ
Qui a été au collège avec moi.
MADAME DE PONTFERRAND.
IL est plus jeune que vous? | ;
ANDRÉ
De six ou sept ans.
Cest un grand bellâtre qui n’est bon à rien. Elle Voudrait bien le marier, mais il n’est pas d’un placement facile, Est-ce qu’il est ici avec elle?
MARTHE
Oùi, madame, nous allons faire une promenade à cheval ensemble, ce matin; madame de Thauzette me donne des leçons,
MADAME DE PONTFERRAND.
Ah! oui, elle pourrait donner des leçons de manège, comme mademoiselle Brissot des leçons d'orthographe. Faïtes-moi donc visiter votre nouvelle installation, car toute cette partie du château a été nouvellement restaurée.
Elles s’éloignent.
THOUVENIN, à Pontferrand, Madame de Pontferrand a beaucoup d'esprit.
PONTFERRAND.
Oui, oui. Elle est mauvaise comme la gale. Dites done, vous qui êtes dans beaucoup d’affaires sûres, car il paraît ‘qu’elles sont sûres, vos affaires.
THOUVENIN, Oui.