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SCÈNE VI Les Mêmes, LA BARONNE

LA BARONÎ^E.

Ahî vons voilà, Ilorminie? Je vous cherchais... J'ai vu votre cheval s'emporter, et j'étais inq^niète.

HEimiNIE.

Vous le voyez, ma mère, il ne m'est armé aucun accident... Mon cheval s'est calmé à quelques pas de cette maison... j'y suis entrée pour me remettre... Un instant après, ce garçon est arrivé... et, depuis lors, je causais avec lui...

LA BAROMI.

Avec ce garçon ?

ANTOINE, saluant.

Bonjour, madame la baronne.

HERMIME.

C'est Antoine Bernard, ma mère...

LA BARONNE

Mais c'est vrai... oui, c'est bien lui... Approche doac!... J'aurais dû le reconnaître à son air de famille.

ANTOINE

Oh ! moi, j'ai vu tout de suite que c'était madame la baronne... Vous n'êtes pas changée du tout, quoi!.., la même que le jour où je suis parti,... la même absolument, (a part.) Je dis ça pour lui faire plaisir ; mais elle a drôlement mûri, la baronne.

LA BARONNE

Et te voilà de retour ?

ANTOINE

Oh ! mon Dieu, oui, il y a une heure.

LA BARONNE

Pour longtemps ?

ANTOINE

Pour toujours, madame la baronne... Assez de voyages comme ça... Pierre qui roule n'amasse pas de mousse, comme on dit... et il est temps que je m'établisse.

LA BARONNE

Tu étais menuisier, je crois...

ANTOINE

Je le suis encore... et, pour mou état, je ne crains personne, je puis le dire... Mais, avec tout cela, je ne suis pas ambitieux, moi!... Votre pratique, celle de deux ou trois châteaux des environs, c'est tout ce qu'il me faut... Qu'est-ce que je demande?... Juste le nécessaire et un peu de superflu, jpas davantage... Je vas chercher une petite boutique.

LA BARONNE

Pour quoi faire?

ANTOINE

Je vous le dis, pour m'établir.

LA BARONNE

Eh bien, mais... n'as-tu pas cette maison?

ANTOINE

Comment, cette maison?

LA BARONNE

Sans doute, cette maison... c'est celle qu'habitaient ton père et ta mère... et, comme nous comptions toujours que tu reviendrais un jour ou l'autre... eh bien, nous te l'avons gardée, mon garçon.

ANTOINE

Comment, madame la baronne, bien vrai?... ça n'est pas pour vous amuser comme ça un peu?... ça n'est pas pour vous moquer du pauvre Antoine ?

LA BARONNE

Non, mon ami... non... sois tranquille.

Oh! la la... est-ce possible? quel bonheur! qu'ai-je donc fait pour mériter cela?.,. Quoi! je pourrai rester ici... toujours!... entouré de mes souvenirs de jeunesse?... Madame la baronne, mon dévouement, mon bras, ma scie, mon cœur, mon rabot... tout ça, c'est à vous, à votre service, la nuit comme le jour... le dimanche comme le lundi...

LA BARONNE, souriant.

Bien, mon garçon, bien ! je te crois.

ANTOINE

Ah! mon Dieu, que je suis donc heureux! Seulement, j'ai peur que ça ne soit un rêve, un conte de fée... j'ai peur de me réveiller.

LÀ BARONNE

Pour te faire croire à la réalité, nous te laissons chez toi, dans ta maison.

ANTOINE

Ma maison!

LA BARONNE, à Herminie.

On nous attend au château, ma voiture esta la porte... partons, Herminie.

HERMINIE

Oui, ma mère, et, pendant la route, je vous supplierai de m'écouter; car j'ai une prière à vous adresser.

LA BARONNE

J'écouterai tout ce que vous avez à me dire, pourvu que vos désirs soient conformes aux ordres du roi, (a Bernard.) Adieu, mon ami.

ANTOINE

Adieu, madame la baronne; merci, madame la baronne, cent fois merci !

(Elles sortent par le fond, il les reconduit.)

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