DUDLEY, HALIFAX
DUDLEY
Laissez-moi passer, monsieur,
Pourquoi faii?e ? pour courir après elle ?... Non, non... non pas, s'il vous plaît... Fi donc! monseigneur, faire violence k une femme sans protection, sans défense !... Ah ! ce n'est pas d'un gentilhomme !
DUDLEY
Comment, misérable, c'est toi qui oses me faire de la morale?
HALIFAX
Et il y a plus, milord, je vous forcerai de la mettre en action! Oh! je sais ce que je suis... Je joue peut-éin; un peu adroitement; mais vous savez bien que cela e;>t reçu, par le tempp qri court... D'ailleurs, je suis beau joueur,
16 THÉÂTRE COMPLET d'ALEX. DUMAS
VOUS en conviendrez... Enfin, j'ai tous les défauts que vous voudrez ; mais je n'ai pas celui d'être un lâche, et je vous le dis : c'est une lâcheté que d'abuser de la faiblesse d'une femme.
DUDLEY
Allons, allons, assez, drôle! et laisse-moi passer!...
HALIFAX
Je vous ai déjà dit que vous ne passeriez pas,
DUDLEY
Mais tu ne sais donc pas à qui tu parles ?
HALIFAX
Cela m'est pardieu bien égal !
DUDLEY
Je suis lord Dudley, pair d'Angleterre !... et je t'ordonne de me laisser passer.
Eh bien, moi, je suis Halifax, intendant de sir John Dumbar, et je vous dis que vous ne passerez pas ! DUDLEY, tirant son épée.
Eh bien donc, puisque tu m'y forces...
HALIFAX
Je n'avais pas eu de duel hier, cela fait mon second d'aujourd'hui; la balance est rétablie... En garde, monseigneur, et tenez-vous bien!