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SCÈNE X LOUISE, HENRI, puis l'Exempt

HENRI

Eh bien, vous le voyez, lui aussi vous donne tort, lui aussi ne comprend pas que vous puissiez résister à mes prières, âmes supplications. Louise, je suis un homme, et cependant, voyez,

je pleure comme un enfant. 0 Louise! au nom du ciel, je vous en supplie, pitié, pitié de moi !

LOUISE

Mais, mon ami, c'est pour vous épargner de plus grands chagrins, c'est pour vous sauver de plus grandes douleurs.

HENRI

Eh bien, puisque vous êtes inflexible, sachez donc ce que je voulais vous cacher; apprenez ce que vous ne deviez pas connaître: ce n'est plus le chevalier Henri de Verneuil qui vous prie, ce n'est plus un grand seigneur qui vous implore, c'est un proscrit, c'est un fugitif qui est devant vous.

LOUISB.

Vous, proscrit! vous, fugitif! que voulez- vous dire?

HENRI

Je vous dis que cet amour dont vous doutez m'a fait commettre une de ces fautes terribles, que nos lois militaires ne pardonnent pas. Vous me demandiez tout à l'heure pourquoi ce déguisement et que venaient faire ici ces soldats: Louise, ces soldats me cherchaient.

Vous me faites frémir !

HENRI

Louise, ma frégate est partie, et me voilà.

LOUISE

Grand Dieu! vous, vous, déserteur!

HENRI

Eh bien, vous le voyez, il ne s'agit plus de suivre ma carrière, elle est perdue; il ne s'agit plus d'aller à la cour, mon nom y est flétri; il s'agit de fuir, de quitter la France, d'aller vivre à l'étranger dans l'obscurité de l'exil.

LOUISE

Que dites-vous? Oh! et moi, moi qui vous abandonnais, Henri, mon ami, mon frère, mon époux.

HENRI

Louise, ma Louise, je t'ai donc retrouvée?

LOUISE

Oui, je suis prête à vous suivre.

HENRI

Eh bien, profitons de ces habits, de ce livret, fuyons; j'écrirai à ton frère de venir nous rejoindre; fuyons, fuyons, il n'y a pas un instant à perdre.

LOUISE

Non, non, pas un instant; viens, viens...

l'exempt, qui depuis quelques instants écoutait au fond. Monsieur Henri de Verneuil, au nom du roi, vous êtes mon prisonnier.

HENRI

Il est trop tard.

LOUISE

0 mon Dieu! mon Dieu! ayez pitié de nousl

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