SIR JOHN, JENNY
SIR JOHN, au fond.
Elle est seule... Que fait-elle donc ?... (il s'approche doncempnt, et, en regardant par-dessus l'épaule de Jenny, il aperçoit le collier.) Hein?.., qu'ai-je vu?...
JENNY, se retournant, et cachant le collier. Quelqu'un! Monseigneur...
SIR JOHN, cherchant k roir le collier, qu'elle tient caché. Comment! petite, est-ce que je te fais peur?
JENNY
Oui, monseigneur; car c'est vous qui perdez mon mari, vous qui nous séparez... et je vous aimais pour notre mariage que vous aviez fait, je vous bénissais pour le bonheur de ma vie, que je croyais vous devoir.
SIR JOHN
Allons, allons, calme- toi; que de regrets pour un mauvais sujet que tu ne connais que depuis deux jours, que tu n'aimes pas, que tu ne peux pas aimer !
JENNY
Vous vous trompez, il y a longtemps que nous nous connaissons, il y a longtemps que je l'aime, car nous soniinos du même pays ; il est né comme moi au village de Stanningion.
SIR JOHN, étonné.
Stannington!... tu es née à Staunington?
JENNY
C'est là que James m'a souvent défendue, protégée, pauvre orpheline que j'étais... ,
Sm JOHN.
Orpheline ! . . . née à Stannington ! ... et j'ai cru reconnaître ! . . . Mon eufant, ce collier, je veux voir ce collier...
JENiVY.
Mais, monseigneur...
sm JOHN.
Je veux le voir, te dis-je; il le faut.
JENNY
Le voici.
sm JOHN.
Ah!
JENNY
Monseigneur, il est à moi, il est bien à moi.
sm JOHN.
A toi?... (Halifax entre.) Halifax! (a Jenny.) Va, mon eniaut, laisse-nous. Je te rendrai ce collier; mais, maintenant, il ftiul que je cause avec... avec ton mari. lULIFAX, les regardant. Qu'a-t-il donc, le digne gentilhomme?
(Il conduit Jenny jusqu'à la porte.)