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SCÈNE VII Les Mêmes, COMTmS

COMTOIS

Pardon, madame la vicomtesse; mais c'est le comte de Mauléon qui demande mon maître, et, conune M. de Saiat-Hérem m'a donné l'ordre de ne pas le faire entrer s'il y avait quelqu'un, j'allais le prévenir...

CHARLOTTE

Nous nous retirons. Comtois, nous nous retirons. Nous ne voulons pas gêner monsieur. Faites entrer le comte de Mauléon. Viens, Louise.

(Elles rentrent.)

SCÈiNE VIII COMTOIS, puis LE DUC D'ANJOU, puis ROGER.

COMTOIS

Diable! madame est bien triste!,,. Il paraît que ce n'est décidément pas un mariage d'inclination. (Ouvrant la porto.) M. le comte peut entrer.

LE DDC, entrant.

Et Saint-Hérem ?

COMTOIS

Je vais le prévenir que M. le comte attend.

LE DUC

Personne n'entrera sans être annoncé ?

COMTOIS

M. le comte peut être tranquille.

(Roger parait.)

LE DUC

Ah! te voilà...

(Roger s'incline. Comtois sort.) ROeER.

De ma fenêtre, j'ai vu le carrosse de Votre Altesse, et je suis accouru.

LE DUC

Très-bien... Et ces lettres ?

HOGER.

Les voilà, monseigneur.

LE DUC

Merci, et la clef ?

ROGER

Ahl oui, la clef... La voici.

LE DUC

Tu n'en as plus besoin, je présume; car j'ai appris de tes nouvelles par madame de Maintenon. Ma foi, mon ami, je t'en fais mon compliment; c'est très-beau de ta part, toi qui as une grande fortune, épouser une jeune personne qui B€ possède rien.

ROGER

Oui, monseigneur, voilà comme je suis, moi.

LB DUC

Tu l'aimais donc beaucoup ?

Mais oui, monseigneur; j'en étais fou, c'est le mot.

LE DUC

Comment! je te vois hier, et tu ne me dis pas que tu vaste niaiier ?

ROGER

Je ne savais pas que cela se ferait si vite ; que Votre Altesse me pardonne.

Ll DUC.

Est- elle jolie?

ROGER

Très-jolie!

LE DUC

Heureux coquin! je comprends maintenant pourquoi tu ne veux pas venir en Espagne.

ROGER

Eh bien, monseigneur m'y fait penser... Au contraire... et,

si Son Altesse est toujours dans les mêmes dispositions bienveillantes à mon égard... M

LE DUC

Comment! mais, après le service que tu m'as rendu aujourd'hui encore...

ROGER

Je lui demanderai la permission de l'accompagner.

M'accompagner, c'est impossible. Tu connais les lois de l'étiquette : toutes les personnes qui font partie du cortège sont désignées par le roi. Mais viens me rejoindre.

ROGER

Je serai à Madrid aussitôt que Votre Altesse.

LE DUC

A merveille !

ROGER

Mais Votre Altesse permettra-t-elle que je fasse ce voyage accompagné...? J

LE DUC. '

De ta femme ? Très-bien !

ROGER

Non, monseigneur; madame de Saint-Hérem est d'une santô délicate, elle restera à Paris. Non, accompagné d'un de mes amis.

LE DUC

C'est bien j tu me le présenteras.

ROGER

C'est que je dois prévenir Votre Altesse qu'il est de noblesse incertaine.

LE DUC

Cela regarde d'Harcourt; ainsi, c'est dit, tu viens?

Je viens, monseigneur.

LE DUC

Ah! je respire! j'aurai donc quelqu'un à qui parler de ma pauvre France!

ROGER

Et un petit peu de ces pauvres Françaises, n'est-ce pas, monseigneur ?

LE DUO

Vois-tu, Roger, c'est qu'il n'y a encore qu'elles au monde! Ah!...

ROGER

Monseigneur, voilà un soupir dont je connais l'adresse.

LE DUC

Eh bien, c'est ce qui te trompe, il n'est pas pour madame de Montbazon...

ROGER

Ah bah! et pour qui donc ?

LE DUC

C'est... Mais à quoi bon le dire? je quitte la France! A Madrid, Roger.

ROGER

A Madrid, sire!

LE DUC

A Madrid.

(Il sort. Roger l'accompagne jusqu'à la porte. Tandis qu'on voit Roger qui salue une dernière fois le Duc dans le vestibule, Dubouloy passe sa tête par la porte de gauche.)

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