‹ Théâtre completChapitre 92 sur 149 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ROGER. DUBOULOY, m Valet.

LE VALET, annonçant.

M. Dubouloy.

ROGER

Àh! justement...

DCBOIILOY.

Te voilà, mon ami ! Je suis passé chez toi, et, comme je ne t'y ai point rencontré, j'ai pensé que je te retrouverais ici...

ROGER

Mon cher, fais-moi tous les compliments... félicite-moi...

DUBOULOY, effrayé.

Ah! mon Dieu. ..ce n'est pas la tienne. ..que le roi...? Alors... alors, mou ami, c'est donc la mienne?

Bah ! il n'est plus question de cela, et puis, d'ailleurs, maintenaiii, quand ce serait Charlotte que le roi aimerait, ça me serait parfaitement indiUércnt... absolument égal.

DUBOULOV.

Je wô comprends pas.

ROGER

Mon ami, je suis libre... mademoiselle de Mérian n'est plus ma femme. Sur la demande de madame de Main tenon, le pape a cassé notre mariage...

DDBOULOY.

Oh! le saint homme !... Mon cher Saint-Hérem, reçois toutes mes félicitations... Mais j'y pense, moi... le pape a cassé ton mariage, dis- tu?

nOGER.

Oui.

DUBOULOT.

Alors... le mien... mon mariage à moi... comme on nous a mariés ensemble.,, on a dû nous démarier ensemble?

ROGER

Probablement!...

DDBOULOV.

Comment! tu ne t'es pas informé de cela, égoïste?..,

ROGER

Inutile!... ça ne fait pas de doute.

En effet!... ce serait l'injustice des injustices... Ainsi, mon ami, nous sommes libres... ainsi, je suis toujours garçon... ainsi, je puis écrire à mon père que sa colère n'a plus de motifs. Ah ! voilà ce qui m'exi)lique maintenant le côté i)olitique du voyage de ces dames,,, leur changement de nom... Peste!... que madame des Ursins se tienne ferme, si c'est mademoiselle Louise Mauclair qui a l'honneur de plaire à Sa Majesté... A propos de Sa Majesté, tu as été chez elle ce matin?

ROGER

Ah! mon Dieu, tu m'y fais penser... je l'avais parfaitement oublié.

DUBOULOY.

Diable!,., le roi t'attendait à onze heures... (Regardant sa montre.) Et voilà qu'il va être midi...

ROGER

Tu es sûr?

DUBOULOY.

Je crois bien, c'est ma fameuse montre... Mon ami, elle ne s'est pas dérangée de dix minutes depuis le moment où tu m'as appelé parla fenêtre à Saint-Cyr...

ROGBR.

Et toi, tu restes?

DUBOULOY, s'établissant dans uh fauteuil.

Oui, mon cher... oui, je reste,.. Je ne suis pas fâché, tu le comprends bien, d'avoir une explication avec mademoiselle Louise Mauclair, et d'apprendre de sa jolie bouche que nous sommes rendus à notre mutuelle liberté... Va donc chez le roi, mon ami, va, et tâche, par curiosité, de savoir celle que £on cœur...

Oui, oui... et, comme nous sommes maintenant désintéressés dans la question... cola sera très-amusant!...

DUBOULOy.

Oui, très-amusant!

ROGER

Au revoir, Dubouloy, au revoir.

(Il sort.)

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