‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 136 sur 288 · TABLEAU, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

TABLEAU, SCÈNE VIII

BRASSAC

N'insistez pas. . . Je vous adore, vous êtes exquise, vous n'êtes pas la femme qu'on rencontre tous les jours.

LA COMTESSE

Et vous, de votre côté, vous êtes un type d'homme que je n'ai pas encore trouvé sur ma route. Nous avons toutes sortes d'individus dans l'Amérique du Sud, mais nous n'avons pas votre pareil. Il n'y a qu'en Europe.

BRASSAC

Je suis flatté, comtesse.

LA COMTESSE

Je vous crois même très capable de passion, d'emballement.

BRASSAC

C'est-à-dire que vous m'affolez, je ne pense qu'à vous.

LA COMTESSE

Je vous le répète, vous me plaisez, et je consentirai probablement à vous écouter un jour.

BRASSAC

Mais quand?... Voilà, quand?

LA COMTESSE

Je ne sais pas, Brassac. Gela dépendra. Je suis très romanesque. J'ai horreur du rendez-vous banal, de l'heure fixe et qu'une femme fasse don de sa personne comme s'il s'agissait d'un cadeau du jour de l'an.

BRASSAC

Ou d'un poisson d'avril.

LA COMTESSE

Enfin, vous me comprenez... J'attends que vous me donniez une preuve de votre amour... Une preuve éclatante ou ingénieuse...

BHASSAC.

Ce qu'il y a de particulier, c'est que vous me dites des choses épouvantables et que je vous aime encore plus que tout à l'heure...

LA COMTESSE

Tant mieux, Brassac. Et pour vous récompenser, je dînerai avec vous un de ces soirs.

BRASSAC

Oh! comtesse... chère comtesse...

LA COMTESSE

Adieu, donc... Je me sauve, maintenant ..Voici vos clientes ordinaires. Au revoir, cher monsieur.

Elle sort. Entrent. Blanc'ne Corset. Oscar, jmis Eglantine. puis Pigoche.

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