‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 135 sur 288 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

BRASSAC, seul, puis La Comtesse.

BRASSAC, seul.

Je l'adore, Ce garçon-là... (A la comtesse qui entre.)

Ah! comtesse, quelle délicieuse surprise! Enfin, vous daignez venir me voir !..

LA COMTESSE

Je viens vous remercier de votre loge.

BRASSAC

Vous êtes exquise, exquise...

(Il lui baise la main.)

LA COMTESSE

Soyez sage, voyons. J'ai eu tort de venir ici.

BRASSAC

Tout le monde vient ici... Un financier, c'est comme une couturière. Je vous adore, comtesse, je vous adore... Vous n'avez donc pas un peu d'amitié pour moi?

LA COMTESSE

Au contraire, j'ai du plaisir à vous voir, à causer avec vous.

BRASSAC

Comme homme ou comme banquier?

LA COMTESSE

Gomme homme. Parce que, comme banquier, vous n'êtes pas sérieux.

BRASSAC

Hein!

LA COMTESSE

Ces dames vous prennent peut-être au se'rieux, mais moi pas. Je ne vous confierais pas une piastre, ce serait daDgereux.

BRASSAC

Mais, pardon!...

LA COMTESSE

Je suis très franche, comme vous voyez.

BRASSAC

C'est même ce que nous appelons chez nous un excès de franchise.

LA COMTESSE

Ne vous fâchez pas, Brassac. Je n'ai pas voulu vous offenser. Qu'importe, d'ailleurs? Vous me plaisez beaucoup. C'est l'essentiel, n'est-ce pas? C'est comme une amie que vous voulez m'avoir, je suppose, et non comme cliente.

BRASSAC

Mon rêve serait de vous posse'der sous ces deux formes, mais puisqu'il n'y a pas moyen...

LA COMTESSE

Pas moyen du tout... Vous n'êtes pas sérieux, je vous l'ai dit.

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