SCENE VIII
BRASSAC, seul, puis La Comtesse.
BRASSAC, seul.
Je l'adore, Ce garçon-là... (A la comtesse qui entre.)
Ah! comtesse, quelle délicieuse surprise! Enfin, vous daignez venir me voir !..
LA COMTESSE
Je viens vous remercier de votre loge.
BRASSAC
Vous êtes exquise, exquise...
(Il lui baise la main.)
LA COMTESSE
Soyez sage, voyons. J'ai eu tort de venir ici.
BRASSAC
Tout le monde vient ici... Un financier, c'est comme une couturière. Je vous adore, comtesse, je vous adore... Vous n'avez donc pas un peu d'amitié pour moi?
LA COMTESSE
Au contraire, j'ai du plaisir à vous voir, à causer avec vous.
BRASSAC
Comme homme ou comme banquier?
LA COMTESSE
Gomme homme. Parce que, comme banquier, vous n'êtes pas sérieux.
BRASSAC
Hein!
LA COMTESSE
Ces dames vous prennent peut-être au se'rieux, mais moi pas. Je ne vous confierais pas une piastre, ce serait daDgereux.
BRASSAC
Mais, pardon!...
LA COMTESSE
Je suis très franche, comme vous voyez.
BRASSAC
C'est même ce que nous appelons chez nous un excès de franchise.
LA COMTESSE
Ne vous fâchez pas, Brassac. Je n'ai pas voulu vous offenser. Qu'importe, d'ailleurs? Vous me plaisez beaucoup. C'est l'essentiel, n'est-ce pas? C'est comme une amie que vous voulez m'avoir, je suppose, et non comme cliente.
BRASSAC
Mon rêve serait de vous posse'der sous ces deux formes, mais puisqu'il n'y a pas moyen...
LA COMTESSE
Pas moyen du tout... Vous n'êtes pas sérieux, je vous l'ai dit.