‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 151 sur 288 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

BRASSAC, PIGOCHE.

PIGOCHE.

On vous appelle de Londres.

BRASSAC

Bien. (Il prend la place de Picjoche à l'appareil.)

Allô... c'est moi... j'écoute. Hein? Quoi?... Quoi?... Allons donc! Vous dites? Répétez, non ! non! pas posssible... (il chancelle.) Oh!... Oh!...

(Il continue à écouter, puis repose l'appareil et s'essuie le front.)

PIGOCHE.

Qu'ya-t-il?

BRASSAC. avec un grand geste.

Pff! Liché!

PIGOCIIE.

Comment?

Liché ! roulé par les Anglais !

PIGOCIIE.

Nom d'un chien.

BRASSAC

Oh!... Oh!... Oh !...

PIGOCHE.

La baisse ?

BRASSAC

Une baisse énorme ! imprévue, fantastique ! La tuile ! Le désastre ! La débâcle ! Tout ce qu'on veut !

PIGOCIIE.

C'est raide ! Mais il y a peut-être encore de l'espoir.

BRASSAC

Aucun. Ratiboisé de la tête aux pieds.

PIGOCHE,

Ne nous affolons pas.

BRASSAC

M'affole pas. Je suis très calme, je constate un fait. En cinq minutes, moi, Antonin Brassac, dit Bébé, l'homme de toutes les fêtes, un des dix Parisiens les plus chics du boulevard, je suis devenu une loque, une épave, un vagabond, le financier qui est parti pour la Belgique ! Car tu penses bien que je n'attendrai pas qu'on vienne me cueillir ! Ah ! mon pauvre vieux, je tombe de haut ! Donne-moi un verre de line.

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