ACTE II, IIe TABLEAU, SCÈNE V
PIGOCIIE, le servant.
Voilà. Dites donc? et Herbaut?
BRASSAC
Eh bien?
PIGOCIIE.
Il est votre associé : si vous filez, il va être très compromis. On se retournera contre lui.
BHASSAC.
Ça m'ennuie, ça. Ça mennuie beaucoup. Ce pauvre Herbaut ! moi qui voulais faire sa fortune... Enfin!... c'est la vie. Il s'en tirera toujours.
PIGOCIIE.
Oh ! oh !
BRASSAC
Il est innocent, après tout, ce garçon-là ! 11 n'était au courant de rien. Eh bien ! s'il est innocent, que veux-tu qu'il lui arrive ! Il y a une justice en France, que diable ! Il y a une justice.
PIGOCHE.
Il en faudrait peut-être deux.
BRASSAC
Et toi, mon vieux Pigoche, que vas-tu devenir?
PIGOCIIE.
Ne vous inquiétez pas, j'ai des rentes.
BRASSAC
Tu as des rentes ?
PIGOCIIE.
Des petites...
BRASSAC
Tu avais de l'argent de côté et tu ne le plaçais pas dans ma maison !
PIGOCIIE.
Je vous demande pardon.
BRASSAC, tombant dans an fauteuil.
Qu'est-ce qu'on va dire sur le boulevard?
PIGOCI1K.
Les gens h qui vous serriez la main comme ça.
(Il refait le geste de Brassac au premier tableau. BRASSAC.
Car il n'y a pas d'erreur, c'est un pouf! Glapotin avait raison. Quelle brute, ce Clapotin î II va crier partout : « Ça ne m'e'tonne pas, je l'aurais parié. » C'est ce qui me vexe le plus... N'importe, je vais regretter Paris.
PIGOCIIK.
Peub!
J'étais devenu une personnalité, tu n'as pas l'air de t'en douter. Il manquera quelque chose à Paris quand je n'y serai plus.
PIGOCHE.
Vous reviendrez.
BRASSAC
Certainement, je reviendrai... Oh! Je iinirai par revenir...
PIGOCIIK.
Et vous serrerez encore des mains, les mêmes mains...
BRASSAC
Espérons-le.
PIGOCIIK.
Et vous irez encore à des premières, et on vous appellera encore Bébé ! Et personne ne pensera plus à votre petite histoire dans six mois.
BRASSAC
Non. Il faut un an.