ACTE III, SCENE IV
JACQUES
Voyons, voyons, ne nous affolons pas.
HÉLÈNE
Je ne te quitte plus, je veux t'accompagner... Car c'est de ma faute tout ce qui arrive, c'est de ma faute...
JACQUES
C'est de ma faute autant que de la tienne...
HÉLÈNE
Tu ne m'en veux pas au moins, dis ?
JACQUES
Quelle bêtise ! {n l'embrasse.) Je trouve même en y réfléchissant, que notre situation s'éclaircit. Maintenant, nous savons où nous allons...
HÉLÈNE, moitié riant, moitié pleurant.
Nous allons à la Douillette.
Nous sommes dans la situation de voyageurs qui se sont aventurés dans des pays pas très sûrs, et qui ont été pris par des brigands. Nous en serons quittes pour payer une rançon, voilà tout.
HÉLÈNE
Où la trouverons-nous?
JACQUES
Je vais réfléchir... écrire à mon notaire... N'aie pas peur.
HÉLÈNE
Tu n'es pas trop ennuyé, alors?
JACQUES
Du tout, du tout. Je ne comprends même pas comment ça se fait, mais je suis très calme. Je suis presque de bonne humeur... Qu'est-ce que
je t'avais toujours dit? Ça finira mal! Ça finira très mal !... Et ça a très mal fini. Eh bien ! c'est une grande satisfaction, quand les choses qu'on a prévues arrivent.
HÉLÈNE, se mettant sur ses genoux.
Tu sais, mon Jacquot, que tu laisses ici quelqu'un qui t'aime, qui t'adore...
JACQUES
Ne nous attendrissons pas...
Tout ce que j'ai fait, je l'ai fait parce que je t'aimais... parce que je voulais que tu sois heureux...
JACQUES
Nous sommes très heureux. Qu'est-ce qui nous manque?
HÉLÈNE
Et toi, tu m'aimes toujours?
JACQUES
Je serais le dernier des ingrats...
HÉLÈNE
Ne ris pas. Tu m'aimes autant qu'avant?
JACQUES
Davantage, ma chérie.
HÉLÈNE
Pas davantage, autant. Et tu penseras à moi tout le temps, n'est-ce pas ?
i ICQUES.
Tout le temps... Mais ne faisons pas trop attendre ce brave commissaire.
// se lève.)