ACTE I, SCÈNE VI
DENOIZEAU, protestant.
Oh! Vous devez avoir mal entendu... Jamais le baron n'a traité ainsi une femme, surtout une femme chez qui il doit dîner le samedi suivant.
MADAME VARINOIS.
Il ne le savait pas encore.
DENOIZEAU.
Je vous affirme que vous vous êtes trompée. Jamais le baron...
(Il fait des gestes de dénégation.)
Oui, vous avez raison... J'ai dû me tromper. Au fait, pourquoi m'aurait-il appelée « toquée » ? Mais ce qui n'est que trop exact, mon ami, c'est que mon gendre, lui, Ta appelé « goujat » !
DENOIZEAU.
Ça, c'est grave.
MADAME VARINOIS.
Et que le baron lui a lancé sa carte à la figure.
DENOIZEAU.
Bridel ne lui a pas remis la sienne, en échange?... D'habitude, entre gens du monde...
MADAME VARINOIS.
Est-ce que Bridel est un homme du monde ?
DENOIZEAU.
Avant tout, il faut trouver un prétexte pour décommander le baron...
MADAME VARINOIS.
Jamais !
DENOIZEAU.
Mais, ma pauvre tante, il vous reconnaîtra, il reconnaîtra Bridel. Ce serait un scandale abominable.
MADAME VAHINOIS.
Arrangez l'affaire d'ici là, d'une manière ou d'une autre!
DENOIZEAU.
Ce n'est pas commode. Le baron est très susceptible.
MADAME VARINOIS.
Allez le trouver. . Avouez-lui tout.
DENOIZEAU.
Il exigera au moins des excuses...
MADAME VARINOIS.
Je lui en ferai.
DENOIZEAU.
Pas de vous... de votre gendre.
MADAME VARINOIS.
xMon gendre lui fera des excuses, je vous en réponds... Nous lui en ferons tous.
DENOIZEAU.
Et si Bridel s'y refuse ?
MADAME VARINOIS
Je l'y forcerai... je vous jure que je l'y forcerai...
DENOIZEAU.
C'est que le baron lui enverrait immédiatement ses témoins.
Devant cette perspective, mon gendre n'hésitera pas... (Réfléchissant.) S'il allait se battre, pourtant ?
DENOIZEAU.
Ce serait très chic.
MADAME VAHINOIS.
Croyez-vous que si le baron blessait mon