ACTE II, SCÈNE XXI
LIVERDON.
Monsieur!
DENOIZEAU.
Car vous vous êtes conduits comme îles...
LIVERDON.
N'achevez pas!
(Ils s'avancent l'un vers Vautre. — Boire les sépare.) BOIKK.
Pardon ! Si nous rédigions...
DENOIZEAU, se calmant.
Vous avez raison... rédigeons... Nous verrons ensuite.
LIVERDON.
Gomme il vous plaira.
(Denoizean reprend sa pince h la lalAe. les deux témoins de l'adversaire devant lui.)
DENOIZEAU, écrivant.
« Monsieur le baron d'Encolure s'étant jugé offensé, a envoyé ses témoins... »
(Il cherche. )
LIVERDON, continuant.
« Monsieur Bridel ayant retiré l'épi thète de goujat... »
CRÉMYER, continuant.
« Les quatre témoins, d'un commun accord, ont décidé qu'il n'y avait pas lieu à rencontre. »
DENOIZEAU pose sa plume et les regarde en ricanant.
Et vous vous imaginez qu'après la façon dont vous vous êtes conduits avec moi, monsieur Bridel va vous faire des excuses !
LIVERDON.
Pardon... votre client n'a rien à voir...
DENOIZEAU, l'interrompant.
Monsieur Bridel n'a pas peur, messieurs! Monsieur Bridel se battra ! Et non seulement il
ne retire pas l'épithète de goujat, mais encore il la relève.
LIVERDON.
A vos ordres, monsieur !
DENOIZEAU, regardant Crémyer.
Il la double!
BOIRE
Je ne comprends pas. Vous m'avez dit qu'on arrangerait l'affaire .
DENOIZEAU.
On ne l'arrange plus. — Ecrivons.
LIVERDON et CRÉMYER.
Ecrivons.
DENOIZEAU, écri-ôant.
Heu !... « Monsieur Bridel s étant refusé à retirer l'expression de goujat, les quatre témoins, d'un commun accord, ont décidé qu'une rencontre était inévitable. »
LIVERDON.
Vous avez mis « inévitable », n'est-ce pas?
DENOIZEAU, fièrement,
Oui, monsieur. Il continue d'écrire.) « L'arme choisie a été... »
LIVERDON.
L'épée.
DENOIZEAU.
L'épée vous convient-elle, messieurs?
LIVERDON n CRÉMYER.
Parfaitement.
DENOIZEAU, â Boire.
Et à vous?
BOIRE
A moi aussi.
DENOIZEAU, continuant à écrire.
« La rencontre aura lieu demain...» /\-ir/é. Voulez-vous deux heures de l'après-midi?