ACTE III, SCÈNE VI
LUCIENNE, serrant les mains du docteur.
Merci, encore, docteur.
DEXOIZEAU, à Leverquin.
Si jamais vous avez une affaire, je vous recommande le docteur Bluche.
LEVERQUIX.
Monsieur a l'air d'avoir beaucoup de sang-froid.
DEXOIZEAU
C'est-à-dire que je ne voudrais pas me battre, s'il n'était pas là.
A propos, Denoizeau, j'ai un petit service à vous demander.
DEXOIZEAU.
Comment donc!
Vous seriez bien gentil de prendre une de mes cartes dans mon portefeuille.
DEXOIZEAU.
Une de vos cartes?
Dans mon portefeuille, là... dans ma poche. Moi, je suis gène.
DENOIZEAU, prenant le portefeuille de Bridel.
J'en ai une.
Mettez-vous à cette place, et écrivez ce que je vais vous dicter.
DEXOIZEAU.
J'y suis, cher ami.
BRIDEL, s' approchant de la lubie où est assis Denoizeau, la même ijue celle que Lucienne écrivait tout à l'heure.
Ecrivez au-dessous de mon nom : Adolphe Bridel... « a l'honneur d'informer madame Varinois qu'il a été blessé légèrement au... » (Par
Docteur, comment s'appelle exactement l'endroit où j'ai été blessé?
LE DOCTEUR
Le premier tiers de la partie externe du cubitus.
BRIDEL. continuant à dicter.
« a l'honneur de prévenir madame Varinois qu'il a été blessé légèrement... »
DENOIZEAU, écrivant.
(( ...au premier tiers de la partie externe. . »
« ... du cubitus... et lui envoie l'expression de sa parfaite considération... » Parié. 11 faut être
Correct avant tout. (Il appuie sur un timbre. — Parait la
bonne.) Descendez cette carte chez madame Varinois, de ma part.
LA BONNE, prenant la carie.
Bien, monsieur.
LEVERQUIN.
Racontez-nous comment cela s'est passé, docteur?
LE DOCTEUR
Monsieur Bridel vous le racontera mieux que moi.
Adolphe, je vous en prie...
Quoi?
ESTELLE
Racontez-nous le duel.
Je veux bien... Nous sommes donc arrivés à trois heures précises derrière les tribunes de Longchamp..;