‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 115 sur 269 · SCENE VI VALENTIN, ANSELME · texte numérisé non relu

SCENE VI VALENTIN, ANSELME

ANSELME

Bonjour, mon vieux, bonjour !

VALENTIN

Toi, à Paris, qu'est-ce que tu viens faire?

ANSELME

Tu vois... prendre de tes nouvelles, de la part de diverses personnes. On s'intéresse toujours beaucoup à toi, à Savigny.

VALENTIN. — un temps.

Elle va bien?

ANSELME

Très bien, je te remercie.

VALENTIN

Tu la vois souvent? Elle vient toujours à la bibliothèque?

ANSELME

Toujours...

VALENTIN

Elle te parle de moi?

ANSELME

Jamais. Mais c'est la même chose que si nous en parlions tout le temps...

Ah!

ANSELME

En revenant de Nice, sa sœur a passé encore par Savigny.

VAL ENFIN

Ah! oui... elle est drôle cette petite femme!...

ANSELME

C'est une merveille. Marthe m'a présenté à elle, cette fois-ci. Nous avons dîné tous les trois à l'école.

VALENTIN

Eh bien?

ANSELME

Regarde-moi, Valentin. Tu vois un homme cuit.

VALENTIN

Cuit?

ANSELME

Un homme fichu, roulé! Je n'existe plus.

VALENTIN. riant.

L'amour !

Non, non, pas l'amour!... Il ne faut pas appeler ça l'amour. C'est le désir, l'affreux désir. Je n'avais jamais éprouvé ça, c'est effrayant.

VALENTIN

Jamais tu n'avais désiré une femme?

ANSELME

Si! j'avais eu l'envie... l'envie bête, comme tout le monde... Maintenant, c'est autre chose. Je ne pourrais pas t'expliquer.

VALENTIN

Dis-moi à peu près.

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