‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 13 sur 269 · ACTE !, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE !, SCÈNE VI

Tu n'as jamais rien, pas même le plus petit rhume.

MONSIEUR BRIANT

N'importe. ... Le voisinage de la mer lui fera du bien.

LUCIEN

Et notre travail, là-bas?... L'usine?... Toutes nos affaires?

MONSIEUR BRIANT

Elles ne sauraient se passer, en effet, de la présence de l'un de nous deux au moins...

LUCIEN

Surtout de la vôtre, mon père...

MONSIEUR BRIANT

Peut-être... Aussi ai-je l'intention, pendant le temps que nous demeurerons ici, d'aller à Besançon toutes les semaines.

LUCIEN

Vous!... Ah! par exemple... je ne veux pas...

MONSIEUR BRIANT

Laisse donc. Je partirai le dimanche matin... Je serai à midi à Paris et le soir même chez nous... et je reviendrai le surlendemain apivs avoir jeté un coup d'œil un peu partout...

LUCIEN

C'est impossible... Ce serait horriblement fatigant pour vous...

Evidemment.

MONSIEUR BRIANT, souriant avec dt'clain.

J'ai fait dans ma vie des choses un peu plus

30 NOTUE JEUNESSE

fatigantes que cela... et je dors en vagon aussi bien que dans mon lit... Ne t'inquiète pas de ce détail...

LAURE

Bravo!... Monsieur Briant, faisons honte à ces jeunes gens...

MONSIEUR BRIANT

C'est une question de santé, chère madame... Je suis d'une génération qui n'était pas encore abîmée par toutes les drogues d'aujourd'hui...

( Tapant d'un air protecteur sur l'épaule de son fils.) Va, 111011

garçon, repose-toi, prends des forces... et ne t'inquiète pas de moi...

HCIEN.

Oh ! mon père, si je ne vous avais pas !...

(Il lui serre la main.)

HÉLÈNE, ,i part, à L.uire.

Quand on pense que c'est Lucien, au contraire, qui fait tout ! Son père ne fait rien... absolument rien!...

LAURE, même jeu, riant.

Vraiment?

CHARTIER, .) monsieur Bri.inl.

Quoi qu'il en soit, nous tâcherons, cher monsieur Briant, de ne pas vous laisser une trop mauvaise impression de notre Trouville.

MONSIEUR RRIAXT.

Et je ne suis pas fâché, d'ailleurs, de voir ce que c'est qu'une ville de plaisir au commencement du vingtième siècle.

CHART1EK

Vous m'avez permis, n'est-ce pas, de vous pré-

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