SCENE V
BLUCHE, VALENTIN, très bien velu, ganls, chapeau haut de forme; à la fin EMILE.
BLUCIIE.
Vous désirez, monsieur?
VALENTIN
Monsieur Bluche, n'est-ce pas?
BLUCHE
Lui-même... Vous venez pour...
VALENTIN
Une place?,..
BLUCIIE.
Ah! une place?... Pour qui cette place?
VALENTIN
Pour moi.
BLUCHE. le toisant.
Et quelle sorte de place désirez-vous?
VALENTIN
Je n'ai pas d'idée arrêtée... Ça dépendra de ce que vous aurez.
BLUCIIE.
Bien. Je vois que vous n'êtes pas pressé. Laissez votre nom et votre adresse à Emile, le garçon qui vous a introduit. On vous écrira... Monsieur, je vous salue.
VALENTIN
Monsieur, je désirerais causer avec vous, vous expliquer...
BLUCHE.
Je n'ai pas le temps, il y a trente personnes qui m'attendent.
VALENTIN
Vous insérez dans les journaux que vous avez un grand choix d'emplois de toute espèce. C'est une blague, je m'en doutais... D'ailleurs, je ne suis pas embarrassé. J'irai autre part. Au revoir, monsieur.
BLUCHE.
Ah çà! monsieur, vous le prenez sur ce ton!... L'agence Bluche ne met pas de blagues dans les journaux, vous entendez... Oui, nous avons un très grand nombre de places... un choix immense... J'ai une place de quarante mille francs par an.
Ce serait tout à fait mon affaire.
BLUCHE.
Seulement, il faudrait une mise de fonds de trois cent mille francs. Avez-vous trois cent mille francs ?
VALENTIN
Non.
BLUCHE.
Autre chose..
. Savez-vous
mobile ?
VALENTIN
Non plus.
BLUCHE.
Savez-vous 1'
anglais ?
VALENTIN
Non.
BLUCHE.
L'allemand ?
VALENTIN
Non.