SCENE VI VALENTIN seul, puis CLOTILDE
VALENTIN, seul.
Glotilde ! C'est Clotilde ! Elle m'aime toujours... elle m'aime toujours!... Et moi qui la cherche partout... qui ai posé des heures entières devant
Sa modiste, devant.., (La. porte s'ouvre, parait Clotilde.)
La voici... Oui, c'est elle!
CLOTILDE, le voyant.
Vous, Valentin! Vous!...
Oui... Croyez-vous, hein! Quel homme, ce Bluche!... Ah! Clotilde! que de fois je vous ai guettée depuis deux mois!... Vous n'allez donc plus chez votre modiste? Vous n'allez donc plus nulle part ?
CLOTILDE
Ah ! mon ami... Vous ne pouvez pas vous imaginer l'existence que je mène !... Après votre départ, ça été dur, vous pensez. Je m'en suis tirée, bien entendu, parce qu'une femme s'en tire toujours. Mais il faut être juste, je ne peux pas demander à mon mari la même confiance qu'avant...
VALENTIN
Vous m'aimez encore, n'est-ce pas, Clotilde? Dites-le-moi que vous m'aimez encore.
CLOTILDE
Oh! j'ai fait tout ce que j'ai pu pour vous oublier...
VALENTIN
Gomment! vous avez fait?...
CLOTILDE
Oui... oui... tout... Car je sentais que ce serait grave, cette fois-ci!... Mais j'ai eu beau me raisonner, lutter, me défendre contre moi-même malgré votre absence, je n'ai pas cessé de vous aimer! Il m'a fallu deux mois pour en être bien sûre... Hier encore, oui, hier, j'en ai douté un instant...
Oh!
CLOTILDE
Oui... Je regardais mon mari, sa bonne figure... car il a une bonne figure, tout de même... Je me rappelais des détails...
VALENTIN
Je vous en prie...
CLOTILDE
Eh bien ! à cette minute-là, si mon mari avait été intelligent, aujourd'hui, peut-être, j'aurais oublié jusqu'à votre nom.,.
VALENTIN
H n'a pas été. intelligent, j'espère?
CLOTILDE
Non.