ACTE III, SCÈNE V
BLUCHE.
Vous avez mis votre montre au clou ce matin?
VALENTIN, riant.
Non, hier.
BLUCHE.
Vous riez?
VALENTIN
J'ai un excellent caractère.
BLUCHE. le dévisageant.
Oui, vous avez une assez bonne figure... C'est quelque chose dans la vie. On tâchera de vous trouver un bout d'occupation. (Réfléchissant. Attendez, attendez donc!... Avez-vous de bonnes jambes !
VALENTIN, tendant la jambe.
Touchez !
BLUCHE.
Bigre! Connaissez-vous bien Paris?
VALENTIN
Parfaitement.
BLUCHE.
Eh bien ! seriez-vous capable d'y retrouver quelqu'un, à Paris?
VALENTIN
Il me semble.
BLUCHE.
Brochet vous aidera pour commencer.
VALENTIN
De quoi s'agit-il ?
BLUCHE, lisa/it une fiche.
Il s'agit d'un nommé Valentin Bridou...
VALENTIN
Hein!...
BLUCHE, lui remettant une fiche.
Voici sa fiche et tous les renseignements.
VALENTIN, lisant stupéfait.
« Valentin Bridou... » Et, sans indiscrétion, pourquoi avez-vous besoin de le retrouver?...
BLUCHE.
C'est une dame qui le fait chercher. Une femme du monde...
VALENTIN
Une femme du monde !
BLL'CHE.
Oui... qui va revenir nous apporter sa photographie.
VALENTIN, à part, avec ivresse.
C'est Clotilde!... (ABluche:) Elle va revenir?
BLUCHE.
Oui.
VALENTIN
Monsieur Bluclie... voulez-vous me charger de cette affaire-là?
BLUCHE.
Si vous retrouvez ce monsieur d'ici à demain, vous aurez une prime, vous et Brochet.
VALENTIN
Je n'ai pas besoin de Brochet, je le retrouverai bien tout seul.
D'ici à demain?
VALENTIN
D'ici à ce soir. Je ne vous demande que d'ici à ce soir.
EMILE, rentrant.
Le caissier vous réclame, monsieur Bluche ; très pressé.