SCENE VIII BLUCHE, MARTHE, PAULETTE, puis EMILE
PAULETTE
Bonjour, mon petit Bluche, comment ça va?... Vous avez reçu mon mot?
BLUCHE.
Et je suis à vos ordres, ma petite.
PAULETTE, à sa sœur.
Marthe, jeté pre'senteBluche,monami Bluche... Si! si! vous êtes mon ami!... Je n'oublie pas les services que vous m'avez rendus... souvent.
Je n'ai fait que mon devoir.
PAULETTE
J'ai parlé de vous à ma sœur... Je lui ai dit : « Tu vas voir Bluche, c'est un vrai type ; il te trouvera tout ce que tu voudras! »
BLUCHE.
Ah! mademoiselle est?...
PAULETTE
Ma sœur, Marthe Aubry, institutrice.
BLUCHE, à Marthe.
Et qu'y a-t-il pour votre service, mademoiselle?
MARTHE
Monsieur, je suis institutrice de province. Je désire quitter l'enseignement ou plutôt je suis très décidée à le quitter, et je viens vous prier de me trouver une place à Paris.
BLUCHE, la regardant.
Ah ! ah !
MARTHE
Oh! je ne me forge pas d'illusions, croyez-le bien. Je me rends parfaitement compte que je fais un coup de tête, mais j'ai mes raisons pour ea. Ce que je vous demande, ce n'est pas une position brillante, mais simplement quelque chose de convenable; il me semble qu'une femme à Paris doit pouvoir gagner sa vie honnêtement.
Vous entendez, Bluche, honnêtement.
BLUCHE.
J'entends bien. Dans le cas contraire, ce ne serait pas si difficile.
PAULETTE
Ça non... car depuis huit jours qu'elle est chez moi à Paris, Bluche, je ne vous dis que ça. Le petit Cerfeuil, vous connaissez Cerfeuil, n'est-ce pas? Celui qui a fait le tour du monde en automobile... Eh bien! il lui a offert ce qu'elle voudrait... Et je ne parle pas des autres.