‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 159 sur 269 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

PHILIPPE AUBIER, La Femme de Chambre, ROBERT, puis JULIETTE.

.1/; lever du rideau, la femme de chambre introduit

ROBERT, serrant la main de Philippe et désignant un livre.

Vous voyez, cher ami, je travaille comme un écolier, un pauvre écolier que je suis.

PHILIPPE, regardant le livre.

Chimie organique. . . Mais c'est très bien. fSouriant.) Vous savez que vous faites de grands progrès.

LES PASSAGERES

ROBERT

Je voudrais pouvoir suivre vos expériences. Elles m'intéressent passionnément.

PHILIPPE

Et si je puis les continuer, c'est grâce à qui ?

ROBERT

Chut!

Philippe.

Soyez tranquille, je ne le dis à personne. Mais ça vous est égal que je vous en sois très reconnaissant ?

ROBERT

Ça me fait plaisir. Seulement, il ne faut pas vous méprendre sur mon caractère. N'allez pas vous imaginer que j'agisse pour le bien de l'humanité. Je suis d'un égoïsme fou, tel que vous me voyez.

PHILIPPE

Vous ?

ROBERT

Mais oui, moi. Il m'est impossible de faire une chose qui ne m'amuse pas, et j'essaye de me procurer tout ce qui m'amuse. Or, vos expériences m'amusent et m'intéressent, voilà la vérité. Je suis un ignorant et je me plais dans la société d'un très jeune et très grand savant comme vous.

PHILIPPE

Oh! oh!

ROBERT

D'un homme, en tout cas, qui sera demain un très grand savant.

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