ACTE I SCÈNE I
plus dans les femmes que des rivales et des concurrentes.
PHILIPPE
Nous les rencontrons dans toutes les luttes de la vie et dans les mêmes carrières que nous, ce n'est pas de notre faute. Mais nous ne sommes pas des monstres.
ROBERT
Presque.
PHILIPPE
Nous sommes un peu moins dupes que vous ne l'étiez, voilà tout.
ROBERT
Je suis épouvanté à l'idée que ma fille en sera réduite un jour ou l'autre à prendre un mari dans votre genre.
Philippe.
Elle s'y attend. Ce sera peut-être même moi.
ROBERT
C'est triste.
PHILIPPE
Elle va bien, mademoiselle Yvonne?
ROBERT
Elle travaille avec son institutrice.
Vous ne l'envoyez plus au lycée !
Rassurez-vous, elle aura tous ses brevets. Mais elle avait une tendance à se surmener, alors j'ai pris une institutrice libre, qui est d'ailleurs une
personne tout à fait charmante et intéressante... De quoi riez-vous? De quoi riez- vous encore?
PHILIPPE
De ce que vous ne pouvez parler d'une femme sans que votre voix s'amollisse subitement.
ROBERT
Vous ne me corrigerez pas.
PHILIPPE
Ce serait dommage. En réalité, vous devez vous amuser beaucoup dans la vie... Avez-vous fait la noce autrefois?
ROBERT
Pendant de longues années, ce qui me permet aujourd'hui, sans ridicule, d'être la sagesse même.
PHILIPPE
Mais vous savez que, moi aussi, je ferai un très bon mari.