‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 161 sur 269 · ACTE I SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I SCÈNE I

plus dans les femmes que des rivales et des concurrentes.

PHILIPPE

Nous les rencontrons dans toutes les luttes de la vie et dans les mêmes carrières que nous, ce n'est pas de notre faute. Mais nous ne sommes pas des monstres.

ROBERT

Presque.

PHILIPPE

Nous sommes un peu moins dupes que vous ne l'étiez, voilà tout.

ROBERT

Je suis épouvanté à l'idée que ma fille en sera réduite un jour ou l'autre à prendre un mari dans votre genre.

Philippe.

Elle s'y attend. Ce sera peut-être même moi.

ROBERT

C'est triste.

PHILIPPE

Elle va bien, mademoiselle Yvonne?

ROBERT

Elle travaille avec son institutrice.

Vous ne l'envoyez plus au lycée !

Rassurez-vous, elle aura tous ses brevets. Mais elle avait une tendance à se surmener, alors j'ai pris une institutrice libre, qui est d'ailleurs une

personne tout à fait charmante et intéressante... De quoi riez-vous? De quoi riez- vous encore?

PHILIPPE

De ce que vous ne pouvez parler d'une femme sans que votre voix s'amollisse subitement.

ROBERT

Vous ne me corrigerez pas.

PHILIPPE

Ce serait dommage. En réalité, vous devez vous amuser beaucoup dans la vie... Avez-vous fait la noce autrefois?

ROBERT

Pendant de longues années, ce qui me permet aujourd'hui, sans ridicule, d'être la sagesse même.

PHILIPPE

Mais vous savez que, moi aussi, je ferai un très bon mari.

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