ACTE I, SCÈNE VI 2S
ROBERT
D'abord, vous n'êtes pas pressée de nous quitter? Vous vous trouvez bien ici?
Oh ! monsieur. Le jour où mon amie de pension, votre cousine, madame Vilmenard, m'a donné une lettre de recommandation pour vous, ce jour- là j'ai compris ce que c'était que la chance.
KOBEHT.
A propos de notre cousine, avez-vous de ses nouvelles?
ADRIENNE
Pas depuis quelque temps.
AMÉLIE
Elle ne vous a pas écrit la date de son mariage ?
ADRIENNE, étonnée.
Mais j'ignorais même... Hortense se marie?
AMÉLIE
Bientôt.
ADRIENNE
Ah! par exemple! Comment se l'ait-il qu'elle ne m'ait pas informée?... Vous êtes sûre, madame ?
AMÉLIE
Mon frère me l'a affirmé dans sa lettre d'hier. Hortense épouse le baron de Tinois, une des grosses fortunes de la Touraine.
ROBEHT.
Ma femme oublie de vous dire que le baron de Tinois est non seulement un des hommes les plus
riches, mais un des hommes les plus âgés de la Touraine.
ADRIENNE
Il est vieux?
ROBERT
Oh!
YVONNE
Quand on me fera épouser un vieux monsieur,
moi !
AMÉLIE
Tais-toi !
ADRIENNE
Je suis très étonnée. Ce genre de mariage était si peu dans les idées d'Hortense, autrefois.
ROBERT
Ça me la gâte même légèrement, notre belle cousine.
AMÉLIE
Nous aurons des détails par mon frère, tout à l'heure.
ROBERT, regardant sa montre et à Amélie.
Il est temps. Prends la voiture.
Tu ne viens pas avec moi?
ROBERT
J'ai envie de passer au laboratoire inviter Philippe Aubier à déjeuner avec nous. Qu'est-ce que tu en dis?
AMÉLIE
Mais c'est parfait. Je te laisserai en route.
ROBERT
Et si j'ai le temps, je te rejoindrai à la gare. (A Yvonne:) Toi, tu devrais te promener dans le jardin jusqu'à midi.