‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 174 sur 269 · YVONNE, ADRIENNE · texte numérisé non relu

YVONNE, ADRIENNE

YVONNE

Mon père se moque de moi, mais entre nous, il ne serait plus capable de passer son baccalauréat, voilà la vérité. On était très ignorant dans cette génération-là.

ADRIENNE

Vous êtes incroyable, Yvonne!... Cette génération-là... Vous parlez toujours de votre père comme d'un vieux monsieur. Ah çà ! quel âge croyez-vous qu'il a, votre père?

VVi iNNE.

Papa ?

ADRIENNE

Oui, papa.

YVONNE

Tiens! je ne me suis jamais demandé ça. Mais je vous parie tout ce que vous voudrez qu'il a plus de quarante ans!

ADRIENNE

11 a quarante-quatre ans. Votre mère me l'a dit encore hier soir à table.

YVONNE

Vous voyez.

ADRIENNE

Mais, ma pauvre Yvonne, c'est tout ce qu'il y a de plus jeune, un homme de quarante-quatre ans, surtout avec l'entrain, la bonté, le caractère admirable de votre père.

YVONNE, naïvement.

Il vous plaît beaucoup, papa, avouez-le?

ADRIENNE, interloquée.

Comment, il me plaît ! Mais il ne faut pas employer des expressions pareilles, Yvonne!

YVONNE

Quel mal y a-t-il ? C'est tout naturel.

ADRIENNE

Il n'y a pas de mal, en effet, mais l'expression est impropre. J'ai pour monsieur et madame Vandel une égale gratitude parce qu'ils sont charmants avec moi et qu'ils m'ont donné la plus gentille petite élève que j'aie jamais eue.

YVONNE

Merci, mademoiselle.

ADRIENNE

Et moi, est-ce que je vous plais?

YY< »NNE.

Tout à fait, et je le répète à qui veut l'entendre. Et ce qui me va le plus en vous, c'est que l'on sent que vous n'êtes pas une institutrice ordinaire, une simple savante.

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