‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 188 sur 269 · ACTE I, SCENE XI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE XI

ROBERT

Il n'y a rien de plus touchant qu'une femme seule, pauvre, obligée de gagner sa vie.

LA IIERCHE.

Principalement quand elle est jolie, comme Hortense. Quand donc verrai-je un philanthrope s'intéresser à une femme laide?

ROBERT, riant.

Dès que tu seras philanthrope, tu verras ça... Alors, tu crois que si Hortense avait été laide, je l'aurais accueillie avec la dernière brutalité ?

LA HERCHE.

Bon, bon ! n'en parlons plus. Vous avez raison, je suis un égoïste, un sauvage. J'ai des idées arriérées ; j'en suis encore à cette vieille idée que le mariage, pour une femme, est préférable au vagabondage... A la pensée que la veuve de mon cousin germain va tenir une boutique, au lieu de devenir baronne de Tinois, il m'est impossible d'être chatouillé dans mon amour-propre... ARoberi: Que veux-tu ? Je n'ai pas un caractère aussi moderne que toi! Je te donne simplement rendez-vous dans six mois, et nous verrons le chemin que notre belle cousine aura fait dans Paris.

Oh!

LA HERCHE.

En ce qui me concerne, tu ne t'étonneras pas, j'espère, que je cesse toutes relations avec Hortense, du moins provisoirement...

ROBERT

Alors, ça ne te ferait pas plaisir de déjeuner avec elle, ce matin?

310 LES PASSAGÈBES

LA HERCHE.

Ne plaisantons pas là-dessus, n'est-ce pas?

ROBERT

C'est que je l'ai invitée à déjeuner avec nous...

Hnul-le-corps de La Herche.) CLOTILDE.

Bravo !

ROBERT, k Amélie.

Tu ne me blâmes pas?... Elle est ici.

AMÉLIE

Mais, mon ami, en aucune façon... Tuas fort bien fait.

LA HERCHE.

Ah ! c'est comme ça ! Eh bien, mais, moi aussi, je vais être très aimable avec elle! Qu'est-ce que ça me fait, au fond ! Nous verrons bien comment tout ça finira, n'est-ce pas? Nous le verrons bien, et d'ailleurs je m'en doute!

(Entre Hortense.)

Page 1